7 août 2026

Afrique Horizon

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Sénégal : les contradictions de pastef sur le contrat de l’aser pointées par thierno alassane sall

Au Sénégal, le litige opposant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) à la société espagnole AEE Power s’invite à nouveau dans l’arène politique dakaroise. Thierno Alassane Sall, président du parti La République des valeurs et député à l’Assemblée nationale, fustige ce qu’il qualifie de double discours du parti au pouvoir, Pastef, concernant ce contrat emblématique. L’ancien ministre de l’Énergie n’hésite pas à employer un terme inhabituel dans le vocabulaire parlementaire local pour qualifier cette situation.

Une affaire d’électrification rurale devenue un casse-tête politique

Le contrat signé entre l’ASER et AEE Power vise à électrifier des milliers de villages sénégalais en les reliant au réseau national. Pourtant, depuis des mois, les modalités d’exécution, les versements et les livraisons font l’objet de vives critiques. Le dossier a pris une tournure politique lorsque des membres de Pastef, avant leur accession au pouvoir, dénonçaient ce contrat comme un symbole de mauvaise gouvernance sous l’ancien régime.

Une fois aux commandes, ces mêmes responsables se retrouvent désormais en première ligne pour gérer cet héritage contractuel et honorer les engagements de l’État envers le partenaire espagnol. C’est précisément ce revirement que Thierno Alassane Sall met en lumière. Selon lui, la position actuelle de la majorité contredit radicalement les engagements pris lors de la campagne électorale et les premiers mois de l’alternance.

Accusations d’incohérence et d’opacité

Thierno Alassane Sall, connu pour son intransigeance sur les questions énergétiques, dénonce une incohérence flagrante dans la gestion du dossier par Pastef. Il souligne que le parti, dirigé par Ousmane Sonko et soutenu par le président Bassirou Diomaye Faye, ne peut plus se cacher derrière son rôle d’opposant. L’ancien ministre pointe du doigt une gestion sélective des dossiers hérités, ce qui, selon lui, affaiblit la crédibilité de la promesse d’audit systématique des contrats jugés opaques.

Il critique également la communication officielle autour du contentieux. Les zones d’ombre persistantes — calendrier de résiliation, pénalités, paiements déjà effectués — alimentent les suspicions. Thierno Alassane Sall exige une clarification devant l’Assemblée nationale, estimant que cette institution est la seule légitime pour trancher un différend qui engage les finances publiques et la réputation internationale du Sénégal.

Souveraineté et crédibilité en jeu

Au-delà des querelles politiques, ce dossier soulève des enjeux majeurs pour le secteur énergétique sénégalais. L’électrification rurale, un chantier prioritaire valant des dizaines de milliards de francs CFA, est cruciale pour réduire les inégalités d’accès à l’électricité entre les territoires. Une rupture brutale du contrat risquerait d’exposer l’État à des procédures d’arbitrage international onéreuses, comme celles déjà observées dans d’autres dossiers extractifs portés devant le Cirdi.

Pour les partenaires techniques et financiers qui accompagnent le pays, la manière dont les nouvelles autorités gèreront ce litige servira de référence. Une résolution transparente renforcerait la crédibilité souveraine du Sénégal auprès des investisseurs étrangers. À l’inverse, une gestion perçue comme politisée pourrait alourdir le coût des futurs financements et compliquer l’attractivité des appels d’offres dans le secteur énergétique.

La déclaration de Thierno Alassane Sall s’inscrit dans un contexte où l’exécutif mise sur une stratégie de responsabilité ciblant les anciens dirigeants. En pointant les contradictions supposées de Pastef sur AEE Power, l’ancien ministre recentre le débat sur les pratiques actuelles du pouvoir. L’issue dépendra des documents que la commission parlementaire compétente acceptera de rendre publics et des prises de position officielles de l’ASER dans les semaines à venir. Le député maintient sa demande de transparence totale sur ce dossier sensible.