7 août 2026

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Commission d’enquête sénégalaise : Sonko met-il la pression sur Diouf ?

illustration des tensions entre Ousmane Sonko et Abdourahmane Diouf autour d'une commission d'enquête

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a connu une rotation accélérée de ses responsables ces deux dernières années. Abdourahmane Diouf a dirigé cette institution avant d’être remplacé par Daouda Ngom, puis par Boubacar Camara, en poste depuis juin 2026.

Parmi les six commissions d’enquête parlementaires prévues lors de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale ouverte le 10 août 2026, celle dédiée aux irrégularités dans la gestion du programme « Un étudiant, un ordinateur » suscite de vives interrogations. Lancé en 2017 par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), ce projet a mobilisé un budget total estimé à 48 milliards de francs CFA. De nombreux observateurs s’interrogent : cette enquête parlementaire vise-t-elle indirectement l’ancien ministre Abdourahmane Diouf ?

Un dossier qui s’enracine dans le temps

Cette affaire n’est pas récente. Dès novembre 2025, le Premier ministre de l’époque, Ousmane Sonko, pointait du doigt des dysfonctionnements dans la gestion de certains programmes universitaires, incluant celui des cinq lots universitaires à construire. Abdourahmane Diouf, alors en poste, avait lui-même sollicité la création d’une commission d’enquête parlementaire pour éclaircir ces soupçons, tout en assumant sa part de responsabilité aux côtés du chef du gouvernement.

Il est important de souligner que la période couverte par cette enquête s’étend de 2017 à 2026, soit près de dix ans de gestion ministérielle. Plusieurs responsables se sont succédé à la tête du MESRI : Abdourahmane Diouf, Daouda Ngom, puis Boubacar Camara depuis juin 2026. Cette commission d’enquête devrait donc analyser la gestion de plusieurs périodes et ministres, sans cibler explicitement un nom dans son arrêté de convocation.

Des tensions politiques qui alimentent les spéculations

L’émergence de cette commission d’enquête survient dans un contexte de relations particulièrement tendues entre Ousmane Sonko et Abdourahmane Diouf. Ce dernier, ancien membre du parti Awalé et allié de la coalition présidentielle, a rejoint le parti Kiiraay – Les Patriotes républicains, soutenu par le président Bassirou Diomaye Faye, marquant ainsi une rupture avec Pastef et son leader. Cette évolution politique nourrit les hypothèses d’un possible règlement de comptes déguisé en procédure parlementaire.

L’arrêté de convocation de la session extraordinaire ne mentionne aucun nom en particulier, se contentant de couvrir l’ensemble de la période 2017-2026. Si la chronologie de cette enquête coïncide avec le départ d’Abdourahmane Diouf de la mouvance présidentielle, aucun élément factuel ne permet, à ce jour, d’affirmer avec certitude que Ousmane Sonko cherche à le « traquer » à travers cette procédure. Seules les conclusions de la commission d’enquête, une fois ses travaux achevés et rendus publics, permettront de déterminer les responsabilités exactes dans la gestion de ce programme évalué à 48 milliards de francs CFA.