13 août 2026

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Rdc : comment l’action du cnsA pourrait-elle apaiser les tensions avant le dialogue national ?

Rdc : comment l’action du cnsA pourrait-elle apaiser les tensions avant le dialogue national ?

Joseph Olenghankoy

Une semaine après le lancement du recensement des prisonniers politiques et d’opinion en République démocratique du Congo, le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) insiste sur l’universalité de cette démarche. Tous les ayants droit doivent pouvoir bénéficier de ce processus, rappelle-t-il, soulignant un principe fondamental : le droit est un droit, sans distinction.

Cette initiative s’inscrit dans une volonté de détente, présentée comme une étape préalable à l’organisation d’un dialogue inclusif en Rdc. Le CNSA ambitionne ainsi de constituer une liste exhaustive des personnes concernées, qui sera transmise au président Félix Tshisekedi. L’objectif ? Lui permettre d’engager, avant le début des discussions, des mesures concrètes pour favoriser un climat plus apaisé.

Un recours à l’amnistie pour certains détenus

Pour établir cette liste, le CNSA s’appuie sur des critères précis. Parmi eux, l’examen approfondi des dossiers des personnes susceptibles d’y figurer, avec une attention particulière portée à une éventuelle amnistie. Une démarche qui vise à rétablir l’équilibre juridique et à répondre aux exigences du droit.

Joseph Olenghankoy, président du CNSA, martèle une évidence : « Le droit n’a pas de couleur. Quand on a droit, on a droit. » Il dénonce les retards dans les procédures judiciaires, évoquant des détentions prolongées sans jugement : « Dans les 48 heures suivant une arrestation, une personne doit être présentée à son juge naturel. Pourtant, certains prisonniers purgent des peines de plus de six mois sans que leur dossier ne soit examiné. »

Selon lui, ces irrégularités doivent être corrigées sans délai. Son rôle, insiste-t-il, est de « saisir les autorités compétentes pour obtenir la libération de ces détenus et faciliter ainsi l’émergence d’un dialogue constructif entre les Congolais. »

Le PprD salue une initiative en faveur de ses membres

L’annonce du CNSA a été chaleureusement accueillie par la famille politique du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PprD), notamment Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, tous deux figure de l’ancien régime de Joseph Kabila. Ces derniers pourraient figurer sur la liste préparée par le CNSA.

« Si cette initiative permet la libération de nos camarades détenus, nous ne pouvons que nous en féliciter. Qu’elle vienne du CNSA ou d’ailleurs, toute démarche visant à obtenir la libération d’Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary, Dunia Kilanga, Parole Kamizelo et bien d’autres mérite notre soutien. », déclare Lucain Kasongo, cadre du PprD.

Des condamnations à mort à reconsidérer pour un dialogue national

Au-delà des prisonniers politiques, la question des condamnations à mort pèse lourd dans l’équation. Parmi les personnes concernées figurent l’ancien président Joseph Kabila et Corneille Nangaa, coordonnateur de la rébellion de l’Afc/M23. Leur situation judiciaire, selon certains observateurs, pourrait entraver la recherche d’un consensus national.

Timothée Mbuya, coordonnateur de l’organisation Justicia ASBL, plaide pour une approche globale : « Une mesure politique doit être envisagée pour annuler les condamnations de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa. Ces décisions judiciaires, si elles persistent, risquent de saper la confiance nécessaire à l’organisation d’un dialogue inclusif. »

Alors que les appels à un dialogue national se multiplient en Rdc, l’initiative du CNSA pourrait-elle enfin déboucher sur des actes ? La réponse à cette question déterminera en grande partie l’avenir du processus de réconciliation en République démocratique du Congo.