En République démocratique du Congo, le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) a lancé une opération de recensement des prisonniers politiques et d’opinion. Cette initiative s’inscrit dans une volonté d’apaisement, préalable indispensable à l’organisation d’un dialogue inclusif entre les différentes forces politiques du pays.
L’objectif affiché par le CNSA est clair : établir une liste exhaustive des personnes détenues pour des raisons politiques ou liées à leur opinion, afin de faciliter leur libération avant le début des discussions. Cette démarche vise à lever les tensions qui persistent dans le pays et à créer un climat propice aux échanges constructifs.
Un principe fondamental : le droit doit primer sur toute considération politique
Le CNSA a rappelé avec insistance que « le droit n’a pas de couleur ». Cette formule, devenue emblématique de son action, souligne l’importance de garantir à chaque citoyen le respect des procédures judiciaires. Joseph Olenghankoy, président du CNSA, a insisté sur le fait que toute détention doit respecter un cadre légal strict : « Dans les 48 heures suivant une arrestation, une personne doit être présentée devant son juge naturel. Or, certaines détentions prolongées sans jugement constituent une entorse au droit. »
Il a ajouté que le CNSA s’engage à transmettre cette liste au président Félix Tshisekedi, afin que des mesures concrètes soient prises avant l’ouverture du dialogue national. Parmi les personnalités évoquées figurent Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, respectivement vice-président et secrétaire permanent du PPRD, parti associé à l’ancien président Joseph Kabila.
Le PPRD salue une initiative porteuse d’espoir
La famille politique du PPRD a réagi avec enthousiasme à cette démarche. Lucain Kasongo, cadre du parti, a déclaré : « Si cette initiative permet la libération de nos camarades comme Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary, Dunia Kilanga ou encore Parole Kamizelo, nous ne pouvons que nous en réjouir. Toute action visant à libérer des prisonniers politiques mérite d’être saluée. »
Cette prise de position s’ajoute à celle de Justicia ASBL, une organisation de défense des droits humains, qui a récemment adressé au ministre de la Justice une liste de plus d’une centaine de personnes détenues pour des motifs politiques ou liés à leur opinion.
Des condamnations à mort qui pèsent sur le climat politique
Parmi les dossiers sensibles figure celui de l’ancien président Joseph Kabila et de Corneille Nangaa, coordonnateur de la rébellion de l’AFC/M23, tous deux condamnés à mort. Timothée Mbuya, coordonnateur de Justicia ASBL, a souligné que « une mesure politique devra être prise pour annuler ces condamnations. Cela contribuerait à instaurer un climat de confiance nécessaire pour la tenue d’un dialogue inclusif. »
Reste à savoir si les efforts du CNSA aboutiront à des avancées tangibles. En attendant, les appels à un dialogue national se multiplient en RDC, tandis que la société civile et les partis politiques attendent avec impatience les décisions qui pourraient en découler.
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