Un siège moderne pour une mission stratégique
Abidjan a accueilli ce mercredi une cérémonie historique : l’inauguration du nouveau siège flambant neuf du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). C’est sous le regard attentif de nombreux dignitaires que le ministre ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a officiellement remis les clés de ces locaux entièrement rénovés et équipés à Deux-Plateaux, dans le 7e tranche de la capitale économique.
« Aujourd’hui marque une étape clé dans notre combat commun contre la criminalité financière », a déclaré le ministre devant un parterre d’invités. « Ce bâtiment représente bien plus qu’un simple espace de travail : il incarne la détermination de la Côte d’Ivoire à appuyer les efforts du GIABA dans la neutralisation des réseaux de blanchiment et de financement du terrorisme. »
Un engagement historique depuis plus d’une décennie
L’aventure entre la Côte d’Ivoire et le GIABA remonte à mars 2014. C’est à Yamoussoukro, lors du 44e sommet des chefs d’État de la CEDEAO, que les deux parties ont scellé un accord de siège. Cette décision s’inscrivait dans la droite ligne des résolutions adoptées en novembre 2010 par le Conseil des ministres de la CEDEAO à Abuja, qui prévoyait la création de deux pôles d’expertise pour endiguer le fléau du blanchiment : Lagos pour les pays anglophones et Abidjan pour les francophones et lusophones.
Une avancée concrète pour la Côte d’Ivoire
Le ministre Adama Coulibaly n’a pas manqué de souligner les progrès accomplis par le pays. « Grâce à l’accompagnement du GIABA, la Côte d’Ivoire a réussi à finaliser, avant l’échéance fixée par le GAFI, son plan d’action lancé en octobre 2024 pour renforcer son arsenal contre le blanchiment des capitaux », a-t-il précisé. Une réussite qui témoigne de l’efficacité des politiques publiques mises en œuvre.
Il a par ailleurs appelé toutes les forces vives du pays à redoubler d’efforts pour traquer les criminels financiers et tarir leurs ressources illicites. « Chaque acteur doit jouer un rôle clé dans cette guerre sans merci contre l’argent sale. »
Un symbole de confiance et de coopération régionale
Edwin Harris Junior, Directeur général du GIABA, a salué l’engagement sans faille des autorités ivoiriennes. « Ce nouveau siège est la preuve tangible de la confiance placée en notre organisation. Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude au Président Alassane Ouattara et à son gouvernement pour leur soutien indéfectible, qui a permis au GIABA de s’enraciner durablement en Côte d’Ivoire. »
Le Général Idrissa Touré, président de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), a quant à lui évoqué les perspectives ouvertes par ce centre. « Ces locaux inaugurent une dynamique nouvelle, fondée sur l’échange de savoirs, la collaboration et l’action collective. Ce site deviendra à terme un hub régional incontournable pour la formation, la recherche et la sensibilisation des États francophones et lusophones. »
Une cérémonie sous le signe de l’unité régionale
La cérémonie a réuni des représentants de premier plan : ministères des Affaires étrangères, de la Justice, du Plan et du Développement, ainsi que des ambassadeurs et des partenaires internationaux comme le PNUD et l’Unicef. La présence de l’ambassadrice du Liberia a par ailleurs rappelé l’importance de la coopération transfrontalière dans cette lutte.
Ce nouveau siège du GIABA à Abidjan incarne ainsi bien plus qu’un simple bâtiment administratif. Il symbolise l’engagement collectif de l’Afrique de l’Ouest à éradiquer les flux financiers illicites et à bâtir un avenir plus sûr pour ses populations.
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