Le Bénin ambitionne de devenir le point d’ancrage incontournable pour accéder au vaste marché de l’Afrique de l’Ouest. C’est le message fort porté par la ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, lors d’un entretien exclusif accordé en marge de la réunion diplomatique entre l’Afrique et la Corée du Sud qui s’est tenue récemment à Séoul.
Pour la cheffe de la diplomatie béninoise, le pays dispose d’atouts majeurs qui dépassent sa simple dimension géographique. « Si l’on regarde le Bénin de manière isolée, il peut sembler être un marché restreint, mais sa réalité est tout autre », a-t-elle souligné. Elle a notamment mis en avant la stabilité politique du pays, ses réformes incitatives pour les capitaux étrangers et sa position géographique privilégiée, plutôt que de s’appuyer uniquement sur l’exploitation de ressources naturelles.
Grâce à son appartenance à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le Bénin joue un rôle de plateforme maritime et de couloir de distribution stratégique pour toute la région. Cette attractivité est le fruit d’une volonté politique axée sur la transformation industrielle et une connectivité accrue avec les pays voisins.
« Bien que des évaluations géologiques soient envisageables pour identifier d’éventuels minéraux critiques, ce n’est pas notre priorité immédiate », a précisé la ministre. L’accent est mis sur le commerce et l’accueil d’investisseurs capables d’irradier sur l’ensemble du marché régional.
Corinne Amori Brunet a exprimé son souhait de voir le Bénin et la Corée du Sud intensifier leur partenariat dans les secteurs de l’industrie, du développement et de la culture. Elle estime que les deux nations partagent une vision commune de la transformation économique accélérée. Depuis une décennie, le Bénin a entrepris de vastes chantiers de modernisation, notamment sous l’administration du président Romuald Wadagni, afin de créer un environnement propice aux investissements directs étrangers.
Parmi les réalisations concrètes, elle a cité la modernisation du port de Cotonou, désormais doté d’outils de logistique intelligente et de processus douaniers numériques, ainsi que le dynamisme de la zone industrielle de Glo-Djigbé. La dématérialisation de l’administration publique constitue également un pilier de cette réforme globale.
Cette rencontre à Séoul marque une étape décisive dans la concrétisation des engagements pris lors du précédent sommet Corée-Afrique. La ministre a également évoqué le volet culturel, rappelant la restitution par la France de 26 œuvres d’art royales en 2021. Elle envisage d’ailleurs l’organisation d’une exposition itinérante à Séoul pour faire découvrir ce patrimoine exceptionnel.
« Nous nous reconnaissons dans le parcours de la Corée du Sud, qui a su transformer son destin national en une génération grâce à la discipline et aux réformes. C’est cette même voie que nous suivons avec détermination », a-t-elle conclu. Ce déplacement constitue la première mission officielle à l’étranger pour la ministre, entrée en fonction le mois dernier.
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