13 août 2026

Afrique Horizon

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Cartographie des services d’aide aux victimes de violences au Tchad : un outil stratégique pour N’Djamena

À N’Djamena, une avancée majeure se dessine pour les victimes de violences basées sur le genre (VBG) au Tchad. L’Association des féministes leaders pour l’accès aux droits et à l’équité du genre au Tchad (AFLADEGT) organise un atelier décisif les 12 et 13 août 2026 afin de valider une cartographie inédite des services d’assistance juridique et psychosociale. Ce projet, porté dans le cadre du programme WISH 2-WACA, a pour ambition d’optimiser l’orientation des victimes et de renforcer la synergie entre les acteurs impliqués dans leur prise en charge.

Deux jours de travaux réuniront les acteurs clés : ministères concernés, société civile, partenaires techniques et financiers, ainsi que des structures spécialisées. L’objectif ? Affiner et valider les conclusions de cette étude, conçue comme un levier d’action concret pour améliorer l’accès aux soins et à la justice.

Un outil au service des victimes, bien au-delà d’un simple document

Lors de l’ouverture des débats, Wouténé Mélissa, présidente de l’AFLADEGT, a insisté sur la portée transformative de cette cartographie. Pour elle, il ne s’agit pas d’un simple rapport, mais d’un instrument stratégique destiné à éclairer les parcours des victimes. « Une femme ou une jeune fille victime de violences doit, en quelques clics, identifier où se trouve l’aide nécessaire, vers quel service se tourner et comment bénéficier d’un accompagnement adapté », explique-t-elle.

L’étude révèle des lacunes critiques dans l’offre de services : couverture inégale selon les quartiers, manque d’espaces sécurisés pour un accueil confidentiel, ou encore des mécanismes d’orientation encore trop fragmentés. Ces constats serviront de base pour formuler des recommandations ciblées, visant à combler les failles identifiées et à mobiliser davantage de ressources.

Des défis persistants malgré les progrès

Dr Kadidja Amadaye Abgrene, directrice de la santé de la reproduction, a rappelé l’urgence d’agir face aux VBG, qualifiées de « violations graves des droits humains ». Si le Tchad a progressé, notamment avec le renforcement du cadre légal et la création de centres multisectoriels, des obstacles majeurs subsistent. Parmi eux :

  • Un taux d’accompagnement juridique inférieur à 11 % parmi les victimes identifiées ;
  • Une tendance aux règlements à l’amiable, souvent au détriment des procédures judiciaires ;
  • Un déficit d’information et de coordination entre les acteurs ;
  • Des besoins criants en moyens humains et matériels pour garantir des services de qualité.

Les données collectées à N’Djamena soulignent également une inégalité territoriale : certains arrondissements manquent cruellement de structures d’accueil, tandis que d’autres peinent à offrir des espaces sécurisés pour les victimes.

Vers une prise en charge plus efficace et coordonnée

Pour Dr Kadidja Amadaye Abgrene, les résultats de cette cartographie doivent désormais inspirer les politiques publiques. « Cet outil est une boussole pour les décideurs, les professionnels de santé et les acteurs sociaux. Il permettra d’améliorer l’orientation des victimes, de fluidifier les parcours entre les secteurs et de guider les investissements futurs », souligne-t-elle.

À l’issue de l’atelier, les participants devraient valider une feuille de route opérationnelle, intégrant des mesures concrètes pour renforcer l’accès à la justice, sensibiliser les populations et garantir une prise en charge globale et respectueuse des droits des victimes.