Violences dans les tribunes : le président d’un club de supporters du FC Nantes s’indigne
Le match de Ligue 1 entre le FC Nantes et le Toulouse FC, interrompu prématurément en raison d’incidents graves, a laissé un goût amer à l’ensemble de la communauté sportive. Roland Menu, président du club de supporters « Allez Nantes Canaris », réagit avec fermeté et tristesse face à ces débordements qui n’ont, selon lui, plus rien à voir avec l’esprit du sport.
Des actes inacceptables qui dépassent l’entendement
Envahissement de terrain, jets de projectiles, utilisation de fumigènes et comportements violents : le dernier match du FC Nantes face à Toulouse a été marqué par une série d’incidents qui ont conduit à son interruption définitive. Roland Menu, supporter inconditionnel du club depuis plus de six décennies, ne mâche pas ses mots pour condamner ces actes.
Partagez-vous l’avis exprimé par le coach Vahid Halilhodžić et d’autres supporters sur les réseaux sociaux, qualifiant ces comportements de « honte » et de « lâcheté » ?
Absolument. C’est une honte, et ce sont des lâches. En tant que président d’un club de supporters, je suis profondément attristé par ce qui s’est produit hier soir. Même si nous sommes tous mécontents de la situation actuelle du FC Nantes, envahir le terrain n’est en aucun cas une solution. Nous savons pertinemment que ces actes entraîneront des sanctions lourdes pour notre club.
Une violence inattendue et disproportionnée
Les préparatifs laissaient présager des manifestations, mais personne ne s’attendait à une telle escalade de violence en cours de match. Roland Menu souligne l’absence de contrôle et l’ampleur des actes commis.
S’attendiez-vous à une telle dérive des ultras ?
On avait entendu parler de possibles manifestations, mais nous pensions plutôt à des happenings en fin de match. Jamais nous n’aurions imaginé une telle violence, une telle intensité, et surtout, une telle préméditation.
Un entraîneur sous le choc, un club sous pression
Le coach Vahid Halilhodžić, dont c’était le dernier match à la tête du FC Nantes, a exprimé une colère légitime face à ces incidents. Roland Menu comprend parfaitement sa réaction.
Le coach a tenté de faire reprendre le match en demandant aux supporters de regagner les tribunes. Partagez-vous sa tristesse et son abattement ?
Évidemment. Son objectif était de faire jouer le match dans des conditions normales. En tant que professionnel, il voulait protéger l’intégrité du sport. Et c’était son dernier match, c’est une situation incroyable.
Des sanctions redoutées, un avenir incertain
Les conséquences de ces incidents pourraient être lourdes pour le FC Nantes. La Ligue de football professionnel ne rendra sa décision que le 27 mai prochain, mais Roland Menu craint déjà les sanctions les plus sévères.
Craignez-vous des matchs à huis clos ou un retrait de points ?
Les matchs à huis clos nous priveraient de notre public lors de plusieurs rencontres en août prochain. C’est une perspective terrible. Et si des points sont retirés, ce serait un véritable handicap pour démarrer la saison. Nous avons déjà connu des situations similaires par le passé, comme pour l’AS Saint-Étienne il y a quatre ans après un envahissement de terrain.
La Brigade Loire dans le viseur
Des voix s’élèvent pour demander la dissolution de la Brigade Loire, un groupe déjà pointé du doigt lors de précédents incidents. Roland Menu nuance ce point de vue.
La dissolution de la Brigade Loire vous semble-t-elle une solution adaptée ?
La Brigade Loire n’est pas un club de supporters, mais un groupe composé de quelques individus. Ils savent créer une ambiance dans le stade, et c’est une qualité. Cependant, ce que nous condamnons, c’est l’envahissement du terrain par une minorité. Ce n’est pas du supporterisme, c’est de la violence pure.
Pour vous, ces individus ne sont donc pas des supporters ?
Non, absolument pas. Le supporterisme, c’est encourager son équipe dans les bons comme dans les mauvais moments. Ce que nous avons vu hier soir n’a rien à voir avec cela. Ce sont des actes de lâcheté, perpétrés par des personnes qui ne représentent en rien l’esprit du FC Nantes.
Un soutien indéfectible malgré les épreuves
Malgré les difficultés et les sanctions potentielles, Roland Menu assure que les supporters resteront fidèles au club, même en Ligue 2.
Allez-vous continuer à soutenir le FC Nantes l’année prochaine, même en Ligue 2 ?
Sans hésiter. Pour nous, ce qui compte, c’est le FC Nantes. Nous avons traversé des périodes difficiles, connu des dirigeants plus ou moins compétents, mais notre attachement au club reste intact. Nous serons là pour encourager notre équipe, quels que soient les défis à relever.
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