Le drame survenu récemment à Kéniéty, situé dans le cercle de Kéniéba, a entraîné le décès de six femmes, ensevelies lors d’un glissement de terrain. Cet accident tragique met en lumière l’extrême précarité qui pousse de nombreuses mères de famille à risquer leur vie chaque jour pour assurer leur subsistance.
La lutte quotidienne des mères contre l’insécurité alimentaire
Travailler sur des sites d’orpaillage instables n’est pas une préférence, mais un ultime recours face à la nécessité. Pour nourrir leurs enfants, ces femmes affrontent des conditions éprouvantes. Dans la région de Kayes, il est courant de les voir s’épuiser durant de longues journées sous une chaleur écrasante, dans l’espoir de trouver quelques grammes d’or.
Cette détresse économique les contraint à s’aventurer dans les secteurs les plus dangereux des exploitations minières. Souvent écartées des zones les plus riches par les hommes, elles se replient sur des puits délaissés ou d’anciennes galeries fragilisées. Ces espaces résiduels, particulièrement sensibles à l’érosion, se transforment tragiquement en pièges mortels lors d’éboulements soudains.
Une spirale de vulnérabilité pour les femmes orpailleuses
Au-delà des effondrements, ces travailleuses font face à de multiples dangers sanitaires et sociaux. Sans protection adéquate, elles manipulent des substances toxiques comme le mercure, s’exposant à de graves pathologies. De plus, leur présence sur ces sites les rend vulnérables aux violences basées sur le genre et à diverses formes d’exploitation.
L’accident de Kéniéty, où six femmes ont perdu la vie, symbolise ce cycle dramatique. En tentant de récupérer de l’or sur les parois d’une ancienne mine chinoise, elles ont été surprises par la chute des terres. Malgré les efforts des secours locaux, l’ampleur de l’éboulement n’a laissé aucune chance aux victimes.
Vers une nécessaire transformation économique
Pour les résidents de Dialafara, la sécurisation des anciens sites miniers est devenue une priorité absolue. L’abandon de cratères ouverts par les compagnies minières représente un danger permanent pour les populations les plus fragiles. Le remblayage systématique des fosses après exploitation est désormais une exigence forte pour prévenir de nouveaux drames.
Cependant, la solution durable réside dans l’autonomisation économique. Il est essentiel que les autorités, notamment les services sociaux, soutiennent ces femmes pour les diriger vers des activités génératrices de revenus plus sûres. Sans alternatives concrètes à l’orpaillage, la pauvreté continuera de mettre en péril la vie de nombreuses citoyennes au Mali.
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