30 mai 2026

Afrique Horizon

Prospective et actualités africaines : économie, diplomatie, développement et souveraineté du continent.

Tchad : l’ONU et l’Union européenne dressent le bilan de leur soutien aux droits humains

N’Djamena a récemment été le théâtre d’un important atelier d’évaluation, organisé le 28 mai par le bureau pays du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. Au cœur des discussions : le projet d’« Appui aux organisations de la société civile promouvant les droits de l’homme et les défenseurs des droits de l’homme au Tchad ». Ce programme, financé par l’Union européenne et lancé en mai 2023, a joué un rôle déterminant en permettant à treize organisations locales de renforcer leurs actions essentielles pour la promotion et la protection des droits humains à travers le pays.

Lors de cet événement, Félix Ahouansou, représentant du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et chef du bureau pays, ainsi qu’Agnès Kovacs, cheffe de section Gouvernance à la Délégation de l’Union européenne, ont unanimement salué la détermination des parties prenantes. Ils ont par ailleurs insisté sur l’impératif de renforcer continuellement les capacités des organisations de la société civile, particulièrement dans un contexte tchadien marqué par de multiples défis en matière de défense des droits fondamentaux.

M. Ahouansou a exprimé la profonde gratitude du Haut-Commissariat envers l’Union européenne pour son engagement indéfectible en faveur des initiatives pour les droits humains au Tchad. Il a précisé que ce projet, débuté le 17 mai 2023 et dont la clôture est prévue le 30 juin 2026, vise à accompagner les organisations de la société civile et les défenseurs des droits humains. Ces acteurs sont en effet considérés comme des piliers indispensables à l’édification d’un État de droit qui garantit pleinement les libertés individuelles.

Le représentant onusien a également mis en lumière les obstacles persistants auxquels ces acteurs sont confrontés sur le terrain. Parmi ceux-ci figurent les contraintes institutionnelles, la diminution de l’espace civique et les menaces sécuritaires, soulignant ainsi la nécessité d’un soutien à la fois durable et spécifiquement adapté à la réalité tchadienne.

Concernant les réalisations concrètes, le projet a permis l’octroi de subventions à treize organisations œuvrant activement pour les droits humains sur l’ensemble du territoire tchadien. Grâce à ces efforts, 58 victimes de violences basées sur le genre et d’autres violations des droits humains ont pu bénéficier d’une assistance juridique et judiciaire cruciale, dont 25 via l’intervention du Barreau du Tchad. De plus, 61 personnes, incluant neuf hommes, ont reçu un soutien matériel, psychosocial et médical indispensable, grâce à la collaboration avec une organisation partenaire.

Pour sa part, Agnès Kovacs a mis en exergue l’importance capitale de cet atelier de clôture. Ce rendez-vous a offert une opportunité unique d’évaluer le degré d’exécution du projet et de mesurer son impact réel sur les bénéficiaires directs. Elle a également adressé ses remerciements au bureau pays du Haut-Commissariat aux droits de l’homme ainsi qu’aux organisations ayant bénéficié des subventions.

L’atelier a rassemblé une cinquantaine de participants, représentant un large éventail d’acteurs : organisations de la société civile, partenaires techniques et bénéficiaires directs. Les échanges fructueux ont permis de dresser un bilan exhaustif des actions déployées, de partager les meilleures pratiques identifiées et de formuler des recommandations stratégiques pour l’avenir des droits humains dans le pays, marquant une étape importante dans l’actualité africaine du développement continent.