15 août 2026

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Sénégal : badara gadiaga dénonce un usage suspect des fonds de la Primature sous Sonko

Les révélations concernant l’utilisation des fonds alloués à la Primature sénégalaise secouent l’opinion publique. Badara Gadiaga, chroniqueur politique bien connu, a directement pointé du doigt Ousmane Sonko, ancien Premier ministre, l’accusant d’avoir « vampirisé » une partie des 1,77 milliard de francs CFA mis à sa disposition. Selon ses déclarations, seulement 70 millions de francs CFA auraient été transmis à son successeur, laissant planer des questions sur la gestion de ces crédits, souvent opaques et échappant au contrôle parlementaire.

Une polémique ciblant directement le cœur de la gouvernance

Cette affaire met en lumière un mécanisme financier controversé, les fonds politiques de la Primature, distincts des budgets traditionnels. Ces ressources, destinées à des dépenses de souveraineté ou à des interventions discrétionnaires, ne sont pas soumises aux mêmes règles de transparence que les lignes budgétaires classiques. En s’attaquant à Ousmane Sonko, figure centrale de la coalition au pouvoir et leader du parti Pastef, Badara Gadiaga place la lumière sur un système exécutif issu de l’alternance politique de mars 2024.

Le rapport entre les 1,77 milliard de francs CFA initialement alloués et les 70 millions restants soulève des interrogations légitimes. Une telle différence suggère une utilisation massive des crédits avant la passation des pouvoirs, ce que le chroniqueur interprète comme une gestion précipité et peu conforme à l’engagement affiché de sobriété par les nouvelles autorités. Toutefois, ces accusations reposent pour l’instant sur des déclarations verbales et n’ont pas été étayées par des preuves comptables accessibles au public.

Transparence budgétaire : un combat de longue haleine

Cette polémique s’inscrit dans un débat récurrent au Sénégal, où la société civile et une partie de la classe politique réclament depuis des années une refonte des règles encadrant les fonds politiques et spéciaux. Des organisations comme le Forum civil militent pour un contrôle plus strict, à l’instar de ce qui existe dans d’autres démocraties de la sous-région. Cette exigence s’inscrit dans une réflexion plus large sur la reddition des comptes et la lutte contre les dépenses extrabudgétaires, thème central de la campagne électorale menée par Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

À ce jour, la Cour des comptes est la seule instance habilitée à analyser en profondeur ces flux financiers. Pourtant, ses rapports n’abordent que rarement ces enveloppes spécifiques de la Primature. Si les allégations de Badara Gadiaga étaient confirmées, cela remettrait en cause le discours de rupture porté par les nouvelles autorités et questionnerait l’efficacité des mécanismes de contrôle interne durant la transition politique.

Un contexte politique sous haute tension

Les déclarations de Badara Gadiaga interviennent dans un contexte particulièrement sensible. Depuis la nomination d’un nouveau Premier ministre, la scène politique dakaroise est en pleine recomposition, où chaque déclaration publique est analysée sous toutes les coutures. Les tensions au sein de la coalition au pouvoir, couplées aux stratégies de l’opposition en quête d’un second souffle, expliquent l’intensité des échanges autour de la gestion des finances publiques. Cette polémique renforce les critiques adressées à Ousmane Sonko, accusé par ses détracteurs d’avoir accumulé des ressources financières importantes avant son départ de la Primature.

Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été publiée par les services de la Primature. Les proches de l’ancien Premier ministre pourraient justifier ces dépenses par la préparation d’échéances politiques et administratives, ou par le fonctionnement courant des cabinets. En l’absence de documents comptables détaillés, le débat risque de se cristalliser dans une confrontation médiatique, sans solution documentée. Une demande d’audit indépendant, portée par plusieurs voix, pourrait cependant gagner en légitimité si la controverse persiste.