©KIRILL KUKHMAR / TASS HOST PHOTO AGENCY/ HANDOUT/EPA/MAXPPP - epa10774383 A handout photo made available by TASS Host Photo Agency shows Cameroonian President Paul Biya meeting with Russia's President Vladimir Putin, during the Second Summit 'Russia-Africa' Economic and Humanitarian Forum in St.Petersburg, Russia, 28 July 2023. The Second Summit Economic and Humanitarian Forum 'Russia-Africa' takes place from 27 to 28 July at the Expoforum congress-exhibition center in St.Petersburg. EPA-EFE/KIRILL KUKHMAR / TASS HOST PHOTO AGENCY/ HANDOUT --MANDATORY CREDIT-- HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES (MaxPPP TagID: maxnewsfrfive208493.jpg) [Photo via MaxPPP]
Le président du Cameroun, Paul Biya, figure historique du paysage politique africain depuis plus de quatre décennies, a fait son retour à Yaoundé ce jeudi 20 août, mettant fin à une absence de plus de deux mois qui a alimenté les spéculations sur son état de santé et la stabilité du pays.
Âgé de 93 ans, le chef de l’État camerounais avait quitté la capitale le 7 juin pour un séjour en Europe, officiellement présenté comme une escapade privée. Selon les informations disponibles, il se trouvait à Genève, en Suisse, en compagnie de sa famille et de ses proches collaborateurs.
Après 73 jours d’absence, Paul Biya a été accueilli à l’aéroport international de Yaoundé par une foule de partisans du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), certains arborant des tenues à son effigie. Le président a salué la foule d’un geste discret à travers la vitre entrouverte de son véhicule, avant de rejoindre sa résidence officielle, le palais d’Etoudi, accompagnée de son épouse, Chantal Biya.
Accueil festif et questions persistantes
Les réactions à son retour ont été contrastées. Tandis que les militants du parti au pouvoir célébraient son retour par des chants et des danses, des voix s’interrogent sur la capacité du système à fonctionner sans une présence constante du président, surtout dans un contexte où les nominations d’un vice-président et d’un nouveau gouvernement restent en suspens.
Gilles Owono, un enseignant de 30 ans présent à l’aéroport, a tenté de relativiser : « Pour une démocratie comme la nôtre, l’absence prolongée d’un président peut susciter des interrogations. Pourtant, le pays a continué de fonctionner normalement ». Une position partagée par James Fame Ndongo, membre du RDPC et ministre de l’Enseignement supérieur, qui affirmait fin juillet que « où qu’il se trouve, le chef de l’État suit avec une grande attention les dossiers qui lui sont soumis par ses collaborateurs ».
Crises politiques et tensions sociales
Ces absences répétées, devenues une routine au fil des années, alimentent cependant un malaise croissant parmi la population. Prosper Nkou Mvondo, figure de l’opposition au sein du parti Univers, a vivement critiqué cette situation : « Cela ne change rien qu’il soit là ou non. Lorsqu’il est présent, il n’agit pas. Je ne vois donc pas l’utilité de participer à ce genre de mise en scène ».
La réélection controversée de Paul Biya pour un huitième mandat en octobre 2025, marquée par des manifestations violemment réprimées – avec un bilan officiel de plusieurs dizaines de morts –, avait déjà accentué les tensions. Les résultats contestés par l’opposition ont également suscité des réserves parmi plusieurs partenaires internationaux.
L’ombre d’un après-Biya
Ce séjour prolongé à l’étranger a relancé les spéculations sur l’avenir politique du Cameroun. L’absence de vice-président et la vacance persistante au sein du gouvernement alimentent les rumeurs sur une possible transition. En cas de vacance du pouvoir, c’est le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, qui serait amené à assurer l’intérim jusqu’à l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle.
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