20 août 2026

Afrique Horizon

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Massacre de civils au Mali : l’africa corps dans le viseur

Au cœur de la région de Mopti, au Mali, un village paisible a été le théâtre d’une violence inouïe début juillet 2026. Neuf civils, dont quatre enfants, ont été exécutés sommairement par les forces de l’Africa Corps, une unité militaire placée sous l’autorité directe du gouvernement russe. Des dizaines d’autres personnes ont subi des mauvais traitements, tandis que huit habitations ont été réduites en cendres. Ces exactions, ciblées contre des civils, s’inscrivent dans une logique de recherche présumée de liens avec des groupes armés islamistes.

Une attaque méthodique et brutale

Le 10 juillet, aux premières heures de la matinée, plus de 100 combattants de l’Africa Corps, épaulés par quelques soldats maliens, ont encerclé le village de Bombori. Leur objectif ? Traquer toute personne susceptible d’entretenir des relations avec les groupes armés actifs dans la zone. Armés de pick-up équipés de mitrailleuses et de motos arborant des drapeaux maliens, ils ont fait irruption dans les foyers peuls, traînant leurs habitants hors de chez eux. Sous la contrainte, au moins 80 hommes et adolescents ont été rassemblés sous un arbre, où les violences ont commencé.

Les témoignages recueillis décrivent une scène d’horreur : bâtons, crosses de fusil et coups de feu s’abattent sur les détenus. Six civils ont été abattus alors qu’ils tentaient de fuir, tandis que trois autres, dont un décapité, ont été exécutés sommairement. Les survivants ont subi des interrogatoires musclés, menacés de mort s’ils refusaient de coopérer. Un villageois de 39 ans raconte : « Un homme blanc, semblant diriger l’opération, posait des questions en tirant en l’air à chaque réponse. »*

Une communauté peule ciblée

L’attaque n’a épargné que le quartier des Rimaïbé, épargnant leurs habitations et leurs habitants. En revanche, le secteur peul a été systématiquement visité : maisons pillées, greniers à céréales détruits, bijoux et argent volés. Huit huttes ont été incendiées, réduisant à néant des années d’efforts pour les familles locales. Un boucher de 57 ans, membre de l’ethnie Rimaïbé, témoigne : « Je voyais la fumée monter du quartier peul, vers la mosquée. Ils ont brûlé huit huttes et détruit cinq greniers. »*

Cette violence sélective n’est pas un hasard. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, opère dans la région depuis 2017 et a longtemps recruté au sein de la communauté peule. Les autorités maliennes, de leur côté, ont souvent associé les Peuls aux groupes armés, alimentant un climat de méfiance et de représailles. Pourtant, ce jour-là, les combattants du GSIM avaient quitté Bombori la veille, laissant la population sans protection.

Des exactions qui s’inscrivent dans un cycle de violence

Depuis 2021, le Mali fait face à une insécurité grandissante, marquée par des coups d’État et le retrait des forces françaises et onusiennes. La junte au pouvoir a alors renforcé ses liens avec la Russie, remplaçant le groupe Wagner par l’Africa Corps en 2025. Cette unité, composée en grande partie d’anciens mercenaires de Wagner, perpétue des méthodes brutales : torture, exécutions sommaires et destruction de biens civils.

Les habitants de Bombori, traumatisés, décrivent une scène de chaos : « Les corps des deux hommes abattus devant moi présentaient des plaies ouvertes à la poitrine et au dos. Les trois jeunes emmenés plus tard ont été retrouvés décapités ou égorgés, les mains liées dans le dos. »* Parmi les victimes, quatre enfants âgés de 6 à 17 ans.

Une impunité qui alimente la crise

Les autorités maliennes et russes n’ont à ce jour réagi ni aux accusations, ni aux demandes d’enquête formulées par les organisations locales. Pourtant, le droit international humanitaire est clair : les attaques contre des civils, les exécutions sommaires et les traitements cruels sont des crimes de guerre. Les responsables, qu’ils soient militaires maliens ou combattants de l’Africa Corps, doivent répondre de leurs actes.

Ce massacre illustre l’impasse dans laquelle se trouve le Mali, pris en étau entre des groupes armés islamistes et des forces gouvernementales dont les méthodes violent les droits humains. Sans justice ni protection, les populations civiles paient le prix fort d’un conflit qui semble sans issue.