11 août 2026

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Réforme constitutionnelle au Sénégal : le pastef pousse pour plus de transparence

Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a officiellement lancé lundi 10 août la première session parlementaire extraordinaire de l’année. Quinze jours seront consacrés à l’examen de cinq textes législatifs, dont deux propositions de loi déposées en urgence par la majorité pastef. Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par des divergences persistantes entre les partisans du Premier ministre et ceux du président Bassirou Diomaye Faye.

Parmi les priorités affichées par le pastef, la modification de l’article 37 de la Constitution figure en tête de liste. Ce texte vise à renforcer les obligations de transparence du chef de l’État en lui imposant de déclarer publiquement son patrimoine non seulement à l’entrée en fonction, mais aussi à la fin de son mandat. Une mesure déjà adoptée fin juin par les députés, avant d’être invalidée par le Conseil constitutionnel, infligeant un revers cuisant à la majorité parlementaire.

Une transparence accrue pour le patrimoine présidentiel

La nouvelle proposition de loi présentée par le pastef reprend sous une forme révisée cette exigence de déclaration patrimoniale. L’objectif affiché est clair : instaurer une culture de responsabilité et d’exemplarité au plus haut niveau de l’État. Cette initiative s’ajoute à une volonté plus large de démocratiser l’accès à l’information et de limiter les zones d’ombre dans la gestion publique.

Le pastef ne compte pas s’arrêter là. Une seconde proposition de loi, tout aussi symbolique, cible les crédits spéciaux, souvent désignés sous le terme de « fonds secrets ». Ces enveloppes financières, allouées à la présidence et à la primature, pourraient faire l’objet d’un encadrement plus strict. Un contrôle renforcé par une commission parlementaire restreinte est notamment envisagé pour garantir une utilisation transparente et conforme aux intérêts nationaux.

Crédits spéciaux : l’affrontement politique entre Sonko et Faye

La gestion de ces fonds a cristallisé les tensions entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, au point de précipiter leur rupture en mai dernier. Les divergences sur ce sujet illustrent les défis auxquels fait face la nouvelle majorité, tiraillée entre promesses de renouveau et réalités institutionnelles.

Pour Moussa Diaw, politologue à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, ces démarches législatives ne sont pas anodines. Elles reflètent une volonté affirmée du pastef de soumettre l’exécutif à un contrôle accru et de restaurer la confiance des citoyens. L’universitaire souligne également le lien entre cette offensive parlementaire et la création récente du parti Kiiraay par Bassirou Diomaye Faye, perçue comme une stratégie de repositionnement politique.

Les deux textes, examinés selon une procédure accélérée, pourraient être adoptés d’ici la fin de la session. Leur sort dépendra toutefois des débats en séance et, le cas échéant, de la validation par le Conseil constitutionnel. En parallèle, trois autres projets de loi, portés cette fois par le gouvernement, viendront compléter l’ordre du jour. Ils concernent le Code de la sécurité sociale, le Code du travail et la sécurité numérique.

Renforcer la cybersécurité des institutions sénégalaises

Le projet de loi sur la sécurité numérique s’inscrit dans un contexte marqué par une recrudescence des cyberattaques visant les administrations publiques. Depuis octobre, trois institutions majeures ont été ciblées, dont le Trésor public. Ce texte vise à établir un cadre juridique robuste pour protéger les infrastructures et les données sensibles de l’État, face à une menace cyber en constante évolution.