11 août 2026

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Épidémie de choléra au Tchad : N’Djamena frappée par un taux de mortalité alarmant

Choléra au Tchad : N’Djamena frappée par un taux de mortalité alarmant

L’épidémie de choléra s’étend au Tchad, avec un bilan qui s’alourdit rapidement. Au 8 août, 320 cas ont été recensés, dont 15 décès. En trois jours seulement, 52 nouvelles contaminations ont été enregistrées. La capitale, N’Djamena, concentre la majorité des décès, avec huit morts pour 92 malades. Parallèlement, plus de 143 000 personnes ont déjà bénéficié d’une vaccination dans les zones prioritaires pour endiguer cette propagation.

Crédit Photo : AFP

Une propagation rapide et des chiffres préoccupants

Au Tchad, le choléra progresse de manière inquiétante. Les dernières données sanitaires révèlent 320 cas et 15 décès au 8 août, avec une hausse de 52 contaminations en 72 heures. Le taux de létalité national atteint désormais 4,7 %, bien au-delà du seuil de 1 % considéré comme acceptable lorsque la maladie est correctement maîtrisée. Trois provinces sont particulièrement touchées : Hadjer-Lamis, le Lac et N’Djamena. Douze zones sanitaires réparties dans 58 villages et quartiers signalent des cas actifs.

Hadjer-Lamis et le Lac : des situations contrastées

La province d’Hadjer-Lamis enregistre le plus grand nombre de malades, avec 168 cas et cinq décès dans le district de Karal, soit un taux de létalité de 3 %. À l’inverse, N’Djamena, bien que moins touchée en nombre de cas (92 malades), déplore un taux de mortalité de 8,7 %, le plus élevé du pays. Dans la province du Lac, autour du district de Kangalom, le bilan s’élève à 60 cas et deux décès, avec une létalité de 3,3 %. Les analyses en laboratoire confirment une circulation active du vibrion cholérique, avec 56 % des prélèvements positifs (27 sur 48 cultures examinées).

Une population jeune particulièrement vulnérable

Une tendance alarmante se dessine : l’âge médian des personnes infectées est de 10 ans. La majorité des patients arrivent dans un état grave, avec 84 % présentant une déshydratation modérée ou sévère, complication majeure du choléra. À l’échelle nationale, le taux d’attaque est estimé à 13,3 cas pour 100 000 habitants, reflétant l’ampleur de l’épidémie.

Les défis de la riposte sanitaire

La réponse contre le choléra s’appuie sur une campagne de vaccination massive. Au 8 août, 143 367 personnes avaient été vaccinées, couvrant 89,1 % de la population ciblée. Cependant, plusieurs obstacles entravent l’efficacité des mesures : accès limité à l’eau potable, infrastructures d’assainissement insuffisantes, pratiques de défécation en plein air, forte densité démographique dans certaines zones et mouvements de populations fréquents. Dans la province du Lac, les difficultés de communication aggravent la situation, compliquant la sensibilisation, le suivi des malades et les interventions sanitaires.

Recommandations pour limiter la propagation

Le ministère de la Santé publique appelle la population à adopter des gestes barrières essentiels : lavage régulier des mains avec de l’eau propre et du savon, consommation exclusive d’eau potable ou bouillie, et consultation médicale immédiate en cas de diarrhée soudaine. Le choléra, infection intestinale aiguë, se transmet par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Ses formes graves entraînent une déshydratation rapide, potentiellement mortelle sans traitement urgent.