23 juillet 2026

Afrique Horizon

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Minéraux critiques : l’afrique veut transformer son trésor en opportunité économique

Abidjan a abrité une rencontre historique où les nations africaines productrices de minéraux stratégiques et leurs partenaires ont scellé une volonté commune : faire de ces ressources un levier majeur pour l’industrialisation, l’emploi local et le développement socio-économique. L’enjeu est double : créer de la valeur sur place et financer durablement les ambitions continentales, alors que la demande mondiale explose.

Le 10 juillet, des ministres africains des Mines, de l’Énergie, de l’Industrie et de l’Économie verte, accompagnés d’experts de l’Union africaine, de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique et de banques de développement, se sont retrouvés pour repenser la place de l’Afrique dans le secteur minier mondial.

Abidjan, cœur d’un nouveau pacte pour les ressources africaines

La conférence ministérielle avait un objectif précis : permettre au continent de maîtriser pleinement l’exploitation de ses minéraux critiques, ces métaux indispensables à la transition énergétique. Entre réformes structurelles et partenariats innovants, l’ambition est claire : passer d’un modèle d’exportation brute à une économie circulaire où chaque étape ajoute de la valeur.

Un tournant nécessaire pour l’industrie africaine

Le président de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a qualifié cette rencontre de « moment charnière ». Dans son discours inaugural, il a souligné l’urgence d’une réforme en profondeur de la gestion des ressources naturelles : « L’Afrique doit transformer ses immenses réserves en richesses tangibles pour sa population. Cela passe par la transformation locale des matières premières et une refonte des mécanismes de financement ».

Parmi ses propositions : consolider les institutions financières panafricaines, dont le poids actuel (1 % du bilan mondial) est jugé insuffisant. « Avec plus de 100 fonds dédiés, l’Afrique a les outils, mais manque cruellement de moyens. Il est temps d’agir », a-t-il martelé.

La Côte d’Ivoire mise sur son sous-sol pour décoller

Le ministre ivoirien des Mines, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a rappelé que 75 % du territoire ivoirien recèle des minéraux critiques. Une aubaine pour le pays, qui mise sur cette manne pour atteindre le statut de nation à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030, comme le prévoit la stratégie présidentielle d’Alassane Ouattara.

Pour y parvenir, Abidjan a lancé un plan ambitieux 2026-2040, évalué à 38 000 milliards de francs CFA. Objectif : financer à 88 % par le secteur privé, ce programme vise à développer des chaînes de valeur intégrées, de l’extraction à la transformation. « Aucun pays ne peut réussir seul. La solidarité continentale est notre meilleur atout », a-t-il conclu.

Un potentiel de 29 500 milliards de dollars sous-exploité

L’Afrique détient 30 % des réserves mondiales de minéraux stratégiques : cobalt, lithium, terres rares, cuivre, manganèse, nickel… Une richesse colossale, estimée à près de 29 500 milliards de dollars. Pourtant, 8 600 milliards restent inexploités, faute d’infrastructures et de technologies adaptées.

La demande mondiale, elle, devrait exploser d’ici 2040 : +1 000 % pour les métaux du platine, +842 % pour le lithium et +88 % pour le cuivre. Un marché en pleine mutation, où les véhicules électriques et les batteries pourraient peser jusqu’à 59 000 milliards de dollars d’ici 2050.

L’Afrique face à l’opportunité historique de son siècle

Cette rencontre d’Abidjan s’inscrit dans un contexte où l’industrialisation africaine devient une priorité absolue. Les dirigeants présents ont acté une rupture : plus d’exportation de matières brutes, mais des partenariats gagnant-gagnant pour créer des emplois locaux et des industries souveraines.

Le message est clair : l’Afrique ne veut plus être un simple fournisseur de ressources, mais un acteur clé des chaînes de valeur mondiales. Une ambition qui pourrait redessiner l’économie du continent pour les décennies à venir.