6 septembre 2026

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Cameroun : les signes avant-coureurs d’une transition ?

Des révélations récentes ébranlent la scène politique camerounaise. Deux anciens hauts responsables des services de renseignement ont fait des déclarations fracassantes, évoquant une tentative présumée de coup d’État en 2023 contre le président Paul Biya.

Maxime Eko Eko, ancien directeur général de la DGRE, et le capitaine Effoudou, ancien chef du service de renseignements à l’état-major particulier du président, ont chacun apporté leur pierre à un édifice complexe.

Lors d’une récente comparution dans le cadre du procès Martinez Zogo, Maxime Eko Eko aurait affirmé avoir été arrêté juste après avoir remis au chef de l’État un rapport concernant ce complot présumé. Cette déclaration, faite devant le tribunal, a relancé les spéculations.

Trois ans après la mort de Martinez Zogo et les événements décrits, ces informations sont désormais exposées au grand jour, alimentant les débats sur une possible manœuvre politique en coulisses.

Des coïncidences troublantes

Ces révélations surviennent dans un climat particulier. L’appareil sécuritaire et militaire du Cameroun connaît des remous : nominations de nouveaux généraux, mouvements au sein de la justice militaire et dans la logistique des forces armées. Pour certains observateurs, ces changements ne seraient pas anodins et pourraient préparer une reconfiguration du pouvoir.

Maxime Eko Eko : bouc émissaire ou lanceur d’alerte ?

Maxime Eko Eko, qui dirigeait la DGRE, était un pilier de la sécurité nationale. Son arrestation, intervenue après la remise de son rapport, soulève des questions. Une source proche des services de sécurité avait alors indiqué qu’il serait libéré rapidement, mais il est toujours détenu trois ans plus tard.

Cette détention prolongée pourrait être liée à la volonté de laisser émerger progressivement, lors des procédures judiciaires, des éléments sensibles sur l’affaire Martinez Zogo et le prétendu putsch. Une lecture politique qui reste à confirmer.

Le capitaine Effoudou accuse le secrétaire général de la présidence

Le capitaine Effoudou, lui, est allé plus loin. Dans une interview, il a directement impliqué le secrétaire général de la présidence de la République (SGPR) dans la tentative de coup d’État. Cette accusation est d’autant plus lourde que le SGPR continue de bénéficier de la confiance du président Paul Biya et occupe des fonctions stratégiques.

Comment expliquer que le président ait confié des responsabilités aussi importantes à une personne soupçonnée de complot ? Le SGPR a notamment piloté les consultations pour la préparation de l’élection présidentielle et aurait joué un rôle clé dans la gestion de la crise postélectorale. De plus, son nom circule pour un éventuel poste de vice-président de la République.

Coupable ou victime ?

Cette situation interpelle. Une partie de l’opinion s’étonne de la confiance renouvelée par le chef de l’État envers le SGPR, malgré les accusations. Certains y voient les prémices d’une transition institutionnelle, avec la création d’un poste de vice-président qui pourrait assurer l’intérim en cas de vacance du pouvoir.

Pour l’heure, aucune de ces hypothèses n’est officiellement confirmée. Une certitude demeure : Paul Biya reste le maître du jeu politique camerounais. Les prochaines évolutions au sommet de l’État pourraient éclairer les véritables intentions derrière ces mouvements.

Par ailleurs, les réseaux sociaux s’enflamment autour de photos de Franck Biya, présenté comme un père de famille attentionné, ce qui alimente les spéculations sur une possible succession.