8 août 2026

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Migrants expulsés des États-Unis : un recours historique au Cameroun

JUSTICE

migrants expulsés des États-Unis : un recours historique au Cameroun

Trente-six personnes issues de neuf pays africains ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Yaoundé. Leur objectif ? Faire annuler l’accord migratoire qui a justifié leur transfert forcé depuis les États-Unis vers le Cameroun. Ils réclament aussi une protection légale pour éviter un retour vers leurs pays d’origine, où ils craignent pour leur sécurité.

Groupe de migrants africains réunis pour une action en justice

Un collectif de 36 migrants africains, renvoyés des États-Unis vers le Cameroun entre janvier et mai 2026, a engagé une bataille juridique sans précédent. Leur avocat, Me Joseph Fru Awah, a confirmé devant les instances judiciaires de Yaoundé le dépôt d’un recours visant à suspendre l’application de l’accord migratoire signé entre le Cameroun et Washington. Ce dispositif permet le transfert de migrants en situation irrégulière aux États-Unis vers des pays tiers, dont le Cameroun figure parmi les destinations retenues.

Les requérants, originaires de la République démocratique du Congo, du Ghana, de l’Angola, de l’Éthiopie, de la Sierra Leone, du Kenya, du Sénégal, du Zimbabwe et du Maroc, demandent à bénéficier d’un statut leur garantissant une résidence légale au Cameroun. Leur principal argument repose sur le risque de persécution ou de torture dans leur pays d’origine, malgré des décisions de justice américaines initialement protectrices. « Utiliser le Cameroun comme terre d’accueil temporaire pour contourner les protections juridiques américaines reviendrait à exposer ces personnes à des dangers inacceptables », a insisté Me Joseph Fru Awah.

Un vide administratif exploité par les autorités

Depuis leur arrivée à Yaoundé, les migrants sont hébergés dans un centre géré avec le soutien de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Pourtant, leur situation administrative reste floue : aucun document d’identité ni statut clair ne leur a été attribué, et leurs déplacements sont sous surveillance. Ce recours judiciaire pourrait forcer les autorités camerounaises à clarifier les conditions d’accueil de ces personnes, alors que le pays s’inscrit dans une logique de coopération migratoire avec les États-Unis.

Les États-Unis, sous l’administration Trump, ont justifié ces transferts par la possibilité de contourner les blocages judiciaires empêchant le renvoi direct vers certains pays d’origine. Le Cameroun, aux côtés de la République centrafricaine, de la Guinée équatoriale, du Rwanda et d’autres nations africaines, fait partie des États ayant accepté ce mécanisme. La décision du tribunal administratif de Yaoundé pourrait donc redéfinir les règles d’application de cet accord sur le sol camerounais.