26 août 2026

Afrique Horizon

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Maroc-Espagne : les réseaux sociaux au cœur de la crise migratoire à Sebta

Lors de son audition devant la commission de la Défense du Congrès, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a reconnu que l’arrêt rendu par le Tribunal suprême sur les refoulements à Sebta avait généré un « effet d’appel », contribuant aux vagues de migration massives observées les 30 et 31 juillet derniers.

Pour éclairer son propos, elle s’est fondée sur un rapport détaillé de l’état-major de la Défense espagnole, détaillant l’évolution de la situation en trois étapes distinctes. Dès le 8 juillet, date de la publication de l’arrêt stipulant que les personnes ayant atteint Sebta à la nage ne pouvaient être refoulées par voie maritime, une première phase de « migration concentrée » s’est dessinée. À partir de cette date, plusieurs centaines de personnes ont commencé à rejoindre la ville, avant que leur nombre ne s’amplifie progressivement.

« Un effet d’appel favorisé par une interprétation biaisée de l’arrêt, amplifiée par les réseaux sociaux », a-t-elle expliqué.

Robles a également souligné l’influence d’un second facteur : la Fête du Trône au Maroc, présentée comme une opportunité idéale pour franchir la frontière. Selon ses déclarations, des groupes Facebook ont relayé l’idée d’une réduction des effectifs policiers marocains en raison des célébrations, encourageant ainsi les tentatives de passage.

Une mobilisation spontanée et virale

La ministre a insisté sur le caractère « auto-organisé » de cette mobilisation, soulignant que les migrants s’étaient dirigés vers Sebta sous l’effet d’un « message incitatif » et de publications évoquant une « prétendue absence d’obstacles ».

Elle a pointé la rapidité de propagation des informations sur les réseaux sociaux, rendant impossible une réaction immédiate des forces de sécurité face à l’afflux simultané de milliers de personnes.

Robles a catégoriquement écarté l’hypothèse d’une intervention par la force, estimant qu’une telle mesure aurait eu des conséquences dramatiques, avec un « nombre de morts incalculable ».

Une réponse coordonnée pour maîtriser la crise

Les propos de la ministre font écho aux annonces faites par le Maroc dès le 2 août, mettant en avant une réponse proactive combinant détection précoce, renforcement des effectifs, surveillance accrue et coordination des services. Selon les autorités marocaines, ces tentatives de passage s’expliquent par la diffusion de fausses informations, l’activité des réseaux de passeurs et une mauvaise interprétation des décisions judiciaires espagnoles.

Parallèlement, le gouvernement espagnol a officialisé la mise en place d’un commandement unifié pour gérer la crise. Cette structure, placée sous l’égide du ministre de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, rassemble des représentants du Centre national de renseignement, des délégués gouvernementaux et les ministères concernés.

Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une semaine de comptes-rendus ministériels au Congrès, visant à évaluer la réponse apportée par l’Espagne à une crise débutée 26 jours plus tôt, marquée par l’arrivée d’environ 80 000 migrants.

Pedro Sánchez a par ailleurs présidé la première réunion du Conseil de sécurité nationale dédiée à Sebta, réunissant vice-présidents, ministres et responsables de la sécurité de l’État, dont Juan Jesús Vivas, participant à distance.