Liberté retrouvée pour deux journalistes nigériens après huit mois d’emprisonnement
Après huit longs mois derrière les barreaux, Youssouf Seriba et Oumarou Kané, deux figures de la presse nigérienne, ont recouvré leur liberté ce mercredi. Ces journalistes, respectivement à la tête des médias Les Échos du Niger et Le Hérisson, étaient détenus depuis leur arrestation à Kollo, près de Niamey, en novembre 2025.
Leur mise en détention avait été justifiée par des accusations de « complicité de diffusion » d’un document susceptible de perturber l’ordre public. Ce document, lié à un point de presse du Fonds de solidarité – une entité créée par les autorités militaires nigériennes – avait circulé sur les réseaux sociaux. Il avait ensuite été repris par des partisans de l’ancien chef de l’État, Mohamed Bazoum, pour critiquer la junte au pouvoir depuis le coup d’État de 2023.

La liberté de la presse sous haute tension au Niger
Si la libération de Seriba et Kané est une avancée notable, elle ne doit pas occulter la situation toujours critique de la liberté de la presse dans le pays. En effet, un troisième journaliste, poursuivi dans la même affaire, reste derrière les barreaux. Les données des Nations unies révèlent que 13 journalistes ont été arrêtés au Niger en 2025, tandis que plusieurs organisations internationales dénoncent les restrictions croissantes imposées à la liberté d’expression depuis l’avènement du régime militaire dirigé par le général Abdourahamane Tiani.
Cette libération intervient dans un contexte où les détentions arbitraires et les pressions sur les médias se multiplient, rappelant les défis persistants pour les professionnels de l’information dans la région.
Un soulagement pour leurs proches et leurs collègues
La nouvelle de leur libération a été accueillie avec un immense soulagement par leurs familles, leurs confrères et les défenseurs des droits humains. Youssouf Seriba et Oumarou Kané avaient été arrêtés en pleine nuit à Kollo, un épisode qui avait marqué les esprits par son caractère brutal et arbitraire. Leur retour en liberté, bien que partiel, envoie un signal ambigu : une lueur d’espoir pour les journalistes encore détenus, mais aussi un rappel des risques encourus par ceux qui osent critiquer le pouvoir en place.
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