11 juillet 2026

Afrique Horizon

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Le sénateur Salomon Kalonda dénonce les dérives des coups d’État constitutionnels en afrique

Le sénateur congolais Salomon Kalonda met en garde l’Afrique contre les coups d’État constitutionnels

Lors d’une intervention remarquée ce vendredi à Addis-Abeba, devant le Parlement éthiopien, le sénateur congolais Salomon Kalonda Idi Della, représentant du Haut-Katanga, a tiré la sonnette d’alarme sur les dérives des réformes constitutionnelles en Afrique. Son discours, centré sur l’intégrité électorale et la démocratie, a particulièrement ciblé la situation en République démocratique du Congo (RDC), où un projet de modification de la Constitution pourrait permettre au président actuel de briguer un troisième mandat.

Un troisième mandat controversé en RDC

Selon le sénateur, la réforme constitutionnelle en cours en RDC ne serait qu’un « coup d’État constitutionnel », une manœuvre déguisée en processus démocratique pour contourner les limites légales. Il a souligné que cette approche, bien que différente des coups d’État militaires traditionnels, n’en reste pas moins illégitime : « Il n’y a pas de bons ou de mauvais coups d’État. Tous sont des violations de l’ordre constitutionnel. »

La répression des voix opposées

Le sénateur a dénoncé la répression violente des manifestations citoyennes contre cette réforme. Des citoyens sont descendus dans la rue pour protester, mais leur mobilisation a été étouffée dans le sang. Il a rappelé que « du sang a coulé sur le sol congolais », alors que le silence des partenaires internationaux, qu’il qualifie de « complicité », laisse planer un doute sur leur neutralité.

Les dérives structurelles des scrutins africains

Au-delà de la RDC, le sénateur a pointé du doigt plusieurs dérives qui sapent la crédibilité des élections en Afrique :

  • L’absence d’indépendance des commissions électorales, souvent sous l’influence des pouvoirs en place.
  • L’invalidation ciblée de candidats populaires par des juridictions électorales instrumentalisées.
  • Les coupures d’internet lors des proclamations de résultats, qu’il considère comme un « aveu de défiance » envers les propres résultats du pouvoir.

Quatre propositions pour restaurer la confiance électorale

Pour remédier à ces problèmes, le sénateur a formulé quatre recommandations ambitieuses, destinées à renforcer l’intégrité des processus électoraux sur le continent :

  1. Créer une cellule africaine permanente de veille électorale, chargée de surveiller les scrutins en temps réel et d’alerter en cas d’irrégularités.
  2. Investir dans une souveraineté numérique électorale africaine pour éviter les interférences extérieures et garantir la transparence des résultats.
  3. Renforcer la confiance grâce à des audits électoraux transparents et inclusifs, impliquant tous les acteurs politiques et civils.
  4. Mettre en place un protocole parlementaire d’observation pré-électorale, couvrant l’ensemble du processus, de l’enregistrement des électeurs jusqu’à la proclamation des résultats.

Il a également évoqué le secteur minier congolais, estimant que « l’absence de démocratie effective désavantage les partenaires économiques occidentaux », face à une concurrence qui, selon lui, ne joue pas à armes égales.

Un appel à l’action pour l’Afrique

En conclusion, le sénateur a appelé les institutions africaines et la communauté internationale à adopter une position ferme contre toutes les formes de prise de pouvoir illégitime, qu’elles soient militaires ou constitutionnelles. Il a insisté sur la nécessité d’une « réponse unifiée et cohérente » pour préserver la stabilité et la démocratie sur le continent.

Salomon Kalonda Idi Della, sénateur congolais et auteur de cette tribune.