7 août 2026

Afrique Horizon

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Le Gabon mise sur son potentiel minier pour relancer son économie

Le Gabon mise sur son potentiel minier pour relancer son économie

Face à un déclin marqué de ses ressources pétrolières, le Gabon engage une transformation majeure de son modèle économique. Le pays mise désormais sur l’exploitation minière, un secteur en plein essor qui pourrait bientôt devenir un pilier de son développement. Après des mois d’intenses négociations et d’investissements massifs, les autorités gabonaises annoncent un virage stratégique ambitieux : d’ici 2030, le Gabon pourrait figurer parmi les principaux producteurs mondiaux de minerais stratégiques.

Carrière d'exploitation de manganèse à Moanda par la Compagnie minière de l'Ogooué (COMILOG, filiale du groupe français Eramet).

Un ministre ambitieux pour un secteur en pleine mutation

Depuis son arrivée au ministère des Mines du Gabon, Sosthène Nguema Nguema impulse une dynamique sans précédent. Sept mois après sa prise de fonction, il partage un bilan encourageant : « Nous avons identifié et programmé l’ouverture de plusieurs sites miniers entre 2026 et 2030. À ce jour, huit projets ont été retenus, dont des mines de fer à Milingui, Mébaga et M’Bilan, une exploitation de potasse, ainsi que des sites aurifères à Etéké et Baniaka. » Ces nouvelles infrastructures devraient générer des milliers d’emplois et dynamiser l’économie locale.

Les ambitions du ministre sont claires : « Aujourd’hui, le secteur minier contribue à hauteur de 6 % au PIB national. Nous visons une progression à deux chiffres dans les années à venir, avec un objectif de 15 à 20 % d’ici 2030. » Une feuille de route qui s’accompagne d’investissements colossaux et de partenariats stratégiques avec des acteurs internationaux.

Les défis d’une industrie en devenir

Malgré l’enthousiasme général, les experts soulignent la nécessité de relever des défis majeurs. Orphée Mouelé, économiste spécialisé dans les ressources naturelles, insiste sur l’importance des infrastructures : « La réussite de ce projet repose sur des fondations solides. Il faut développer les axes routiers, ferroviaires et portuaires pour faciliter l’exportation des minerais. De plus, le renforcement de la production énergétique est indispensable pour soutenir les activités minières. »

Les enjeux environnementaux et sociaux sont également au cœur des discussions. L’ONG Éthique et bonne gouvernance plaide pour une exploitation responsable, garantissant des retombées tangibles pour les populations. « Notre priorité est l’impact social, affirme sa présidente, le docteur Edmiaune Zouga. Les Gabonais doivent ressentir concrètement les bénéfices économiques de cette transition. »

Une stratégie intégrée pour maximiser les retombées

Le gouvernement gabonais ne se contente pas d’exploiter ses ressources : il mise aussi sur leur transformation locale. L’objectif ? Créer une chaîne de valeur intégrée, générant davantage de richesses et d’emplois sur place. Cette approche s’inscrit dans une vision à long terme, visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures et à diversifier l’économie nationale.

Avec des projets comme celui de Moanda, où la COMILOG (filiale du groupe Eramet) exploite déjà le manganèse, le Gabon montre qu’il peut devenir un acteur clé sur la scène minière africaine. Les prochaines années seront déterminantes pour concrétiser ces ambitions et positionner le pays comme un leader continental dans ce domaine.