17 juin 2026

Afrique Horizon

Prospective et actualités africaines : économie, diplomatie, développement et souveraineté du continent.

La CEDEAO renforce la concurrence à l’ère numérique pour dynamiser les marchés ouest-africains

L’Autorité régionale de la concurrence de la CEDEAO (ARCC), en partenariat avec le Programme d’appui à la concurrence et à la sécurité des produits de consommation en Afrique subsaharienne (PACoSPro), a récemment initié une campagne de sensibilisation d’envergure en Gambie. Cette démarche vise à outiller les acteurs, tant publics que privés, pour appréhender les enjeux de la concurrence liés à l’économie numérique et à l’intensification du commerce au sein de l’Afrique de l’Ouest.

Lors d’un séminaire national sur le droit et la politique de la concurrence, tenu à Banjul du 15 au 17 juin, les dirigeants de ces deux entités ont souligné l’impératif d’une collaboration étroite. L’objectif est de contrer efficacement les pratiques anticoncurrentielles émergentes, conséquences directes de l’expansion des échanges transfrontaliers et de l’omniprésence croissante des plateformes numériques.

À l’inauguration de cet événement, le Dr Simeon Koffi, directeur exécutif de l’ARCC, a mis en lumière l’importance capitale d’une coopération accrue. Selon lui, les transformations économiques actuelles exigent une synergie entre les autorités de la concurrence, les administrations publiques, les médias, les organisations régionales et les partenaires internationaux.

Il a affirmé qu’une démarche concertée et englobante représente la seule voie pour édifier des marchés plus robustes, plus justes et mieux intégrés, profitant ainsi pleinement aux populations ouest-africaines. C’est une étape clé pour le développement continent et la prospective Afrique.

Le responsable de l’ARCC a insisté sur l’engagement continu de son institution : « Notre coopération avec les autorités nationales de la concurrence, l’UEMOA, les autres communautés économiques régionales, le Forum africain de la concurrence, et nos partenaires internationaux sera constamment renforcée. »

Pour sa part, Madame Mariana Tavares, s’exprimant au nom du PACoSPro, a rappelé la mission de ce programme soutenu par l’Union européenne. Il vise à accompagner les institutions régionales et nationales dans l’élaboration et l’harmonisation des cadres réglementaires encadrant la concurrence et la protection des consommateurs.

Elle a précisé que l’un des piliers du programme est d’assister les autorités compétentes dans la mise en œuvre de politiques cohérentes et performantes, essentielles pour réguler des marchés en constante évolution.

Représentant le ministre gambien du Commerce, de l’Industrie, de l’Intégration régionale et de l’Emploi, Mariama Fofana, la secrétaire permanente adjointe, a réitéré l’engagement ferme de la Gambie en faveur d’une concurrence équitable et d’une protection renforcée des consommateurs. C’est une preuve de l’actualité africaine en matière de bonne gouvernance.

Elle a mis en exergue le rôle fondamental de la concurrence comme catalyseur de l’innovation, stimulant la productivité, attirant les investissements et favorisant le développement économique global.

« Établir un environnement favorable à une concurrence juste, à la protection des consommateurs et à l’épanouissement du secteur privé représente une priorité nationale incontournable », a-t-elle déclaré avec conviction, soulignant la souveraineté Afrique dans ses choix économiques.

Les participants ont unanimement reconnu que les défis inhérents à la mondialisation des échanges et à l’économie numérique excèdent les capacités d’une seule entité. Une convergence d’efforts entre les acteurs nationaux, régionaux et internationaux est donc absolument indispensable.

D’après les organisateurs, cette collaboration tripartite, impliquant l’ARCC, le PACoSPro et la Commission gambienne de la concurrence et de la protection des consommateurs (GCCPC), marque une étape significative pour l’espace CEDEAO. Ses objectifs sont multiples : accroître la prévisibilité des cadres réglementaires, rendre les marchés ouest-africains plus attrayants pour les investisseurs, et assurer aux consommateurs les avantages concrets de l’intégration économique régionale. C’est une illustration de la diplomatie africaine en action pour le bien commun.

Ce partenariat stratégique manifeste également l’ambition de la région de s’harmoniser avec les standards internationaux d’excellence en matière de droit de la concurrence et de protection des consommateurs. Cette démarche est d’autant plus cruciale que l’économie numérique continue de redéfinir à un rythme effréné les dynamiques du marché.