Les rebelles du M23 à Kibumba

Un sommet virtuel exceptionnel de la Troïka de l’Organe de la SADC sur la politique, la défense et la sécurité s’est tenu ce lundi 22 juin, sous la présidence par intérim d’Enoch Kamzingeni Chihana, représentant le président malawite Arthur Peter Mutharika. L’objectif ? Évaluer l’évolution de la situation sécuritaire et politique dans la région, avec une attention particulière portée sur la République démocratique du Congo (RDC) et Madagascar.

Lors de cette réunion, les dirigeants africains ont réaffirmé leur engagement à « sauvegarder la paix, renforcer la démocratie et promouvoir la stabilité ainsi que l’intégration régionale ». Une priorité absolue alors que les tensions persistent dans plusieurs zones, notamment à l’est de la RDC, où la dégradation de la sécurité menace directement les avancées politiques et économiques de la sous-région.

L’est de la RDC sous haute tension

Les participants ont exprimé leur préoccupation majeure face à la détérioration de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. Les combats persistants, qui s’intensifient malgré les engagements internationaux, risquent de saper non seulement la paix nationale congolaise mais aussi les efforts d’intégration régionale. Dans ce contexte, la SADC a appelé toutes les parties prenantes à respecter scrupuleusement les accords de Doha et de Washington, qui prévoient notamment un cessez-le-feu immédiat et définitif.

« Concernant la RDC, le sommet a exprimé sa profonde inquiétude face à la résurgence des violences dans l’est du pays. Nous réaffirmons notre solidarité avec le peuple congolais et insistons sur la nécessité absolue de respecter les engagements pris dans le cadre des processus de paix », a-t-on souligné lors des échanges.

Des accords de paix toujours menacés

Malgré les initiatives diplomatiques en cours, comme les accords de Washington et le processus de Doha, les résultats concrets sur le terrain se font encore attendre. Les hostilités entre les groupes armés et les forces gouvernementales se poursuivent, tandis que les différentes parties interprètent les dispositions des accords selon leurs propres intérêts, rendant leur application de plus en plus incertaine.

Les dirigeants de la SADC ont rappelé que les processus de paix menés par l’Afrique, renforcés par un soutien international coordonné, restent indispensables pour instaurer une stabilité durable, renforcer la résilience des populations et garantir une paix pérenne. Ils ont également exhorté toutes les factions à suspendre immédiatement les hostilités et à s’engager de bonne foi dans les négociations.

Un sommet décisif en août 2026

Plusieurs recommandations ont été formulées lors de cette réunion de la Troïka. Elles seront soumises à l’examen du 46ᵉ sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC, prévu du 16 au 17 août 2026 à Durban, en Afrique du Sud. Ce sommet marquera également le début de la présidence sud-africaine de la communauté pour une période d’un an, dans un contexte où l’Afrique du Sud assure actuellement l’intérim à la tête de la SADC.

Cette rencontre s’inscrit dans un calendrier diplomatique chargé, alors que les tentatives de médiation peinent à produire des effets tangibles sur le terrain. L’urgence d’une solution politique devient chaque jour plus pressante, alors que les populations civiles paient le prix fort des violences persistantes.