2 août 2026

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Crise humanitaire à kouakourou : le calvaire des déplacés du Mali

Crise humanitaire à Kouakourou : le calvaire des déplacés du Mali

Enfants et familles déplacés à Kouakourou, Mali, dans un centre de transit

Les habitants du village de Kouakourou, dans le centre du Mali, subissent aujourd’hui une situation humanitaire dramatique après avoir été contraints de fuir devant la menace jihadiste. Privés de leurs biens et de leurs moyens de subsistance, ils sont désormais regroupés dans des conditions précaires, loin de leur foyer.

« Dès notre arrivée à Mopti, nous avons été accueillis dans une école transformée en centre d’hébergement, se souvient un déplacé. Les autorités locales et des donateurs anonymes nous ont fourni des denrées essentielles : riz, thé, sucre, huile et lait en poudre. Ces gestes de solidarité sont précieux, mais ne suffisent pas à rendre cette vie supportable. »

Des conditions de vie indignes et une insécurité persistante

Pourtant, l’absence de confort et la promiscuité caractérisent leur quotidien. « Certains dorment à la belle étoile, tandis que d’autres s’entassent dans les salles de classe, explique-t-il, amer. Quand les pluies s’abattent, nous sommes tous entassés, sans intimité ni sécurité. Plus de 400 personnes partagent ce même espace. »

Kouakourou est désormais un village fantôme, vidé de ses habitants après l’ultimatum lancé par les groupes armés du Jnim. « Abandonner sa terre, ses champs, ses souvenirs, c’est une blessure profonde, confie un autre témoin. Nous n’avions pas le choix : rester signifiait risquer notre vie. »

Un avenir agricole compromis et des pertes irréversibles

La fuite a également anéanti les efforts agricoles en cours. « Nous étions en pleine préparation des semailles pour la campagne, rappelle-t-il. Aujourd’hui, tout est perdu. Les terroristes ont saisi nos outils, nos récoltes et même nos téléphones. Certains n’ont pu emporter que les vêtements qu’ils portaient. »

Le retour à une vie normale semble encore lointain. « Ce que nous désirons plus que tout, c’est retrouver notre foyer, nos terres, notre dignité, conclut-il. Mais pour l’instant, nous survivons, dépendants de l’aide extérieure et dans l’incertitude totale. »