3 août 2026

Afrique Horizon

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Circuits courts à Bamako : quand les marchés bio révolutionnent l’agriculture malienne

Dans un contexte marqué par une prise de conscience croissante des enjeux sanitaires et environnementaux, les habitants de Bamako se tournent de plus en plus vers des alternatives alimentaires saines et durables. C’est dans cette dynamique que le Resapac, un réseau dédié à l’agroécologie paysanne et citoyenne, mise depuis plus d’une décennie sur les circuits courts pour proposer des produits frais, locaux et accessibles à tous.

Un modèle vertueux alliant transparence et équité

Le Resapac s’appuie sur trois piliers essentiels : les producteurs, les transformateurs et les consommateurs. En privilégiant des échanges directs entre ces acteurs, le réseau élimine les intermédiaires et garantit une rémunération juste aux agriculteurs tout en offrant aux citadins des denrées de qualité. Cette approche collective et transparente permet de soutenir une agriculture locale, respectueuse des sols et des ressources naturelles.

Des marchés bio en expansion pour une alimentation responsable

Au fil des années, l’initiative a connu une croissance remarquable. Partant d’un seul point de vente à Sotuba, le réseau compte désormais quatre marchés à Bamako : Sotuba, Badalabougou, Magnambougou et l’Hippodrome. Ces espaces dédiés à l’agroécologie favorisent une rencontre directe entre producteurs et consommateurs, renforçant ainsi la confiance et la qualité des échanges.

L’expérience d’un maraîcher engagé

Abdoulaye Sacko, producteur maraîcher et membre du Resapac, témoigne des bénéfices concrets de cette démarche. Depuis son adhésion, il cultive ses légumes sans aucun produit chimique, en utilisant exclusivement des intrants biologiques. « Mon partenariat avec le réseau a transformé ma situation financière et m’a permis de me reconvertir pleinement dans l’agriculture biologique. Aujourd’hui, je ne cultive que des variétés locales, sans compromis sur la qualité », confie-t-il.

Une coordinatrice engagée pour une alimentation saine

Djènèba Diallo, coordinatrice des marchés du Resapac, souligne l’impact de cette initiative sur la santé publique et l’environnement. « Les produits conventionnels, souvent saturés de pesticides, ne tiennent pas plus de 24 heures. À l’inverse, nos légumes bio conservent leur fraîcheur bien plus longtemps. Les consommateurs le remarquent rapidement et reviennent vers nos étals », explique-t-elle.

Une réponse aux défis de l’agriculture urbaine au Mali

Cette initiative illustre la montée en puissance des circuits courts au Mali, où producteurs et consommateurs cherchent à concilier excellence alimentaire, équité économique et préservation des écosystèmes. En misant sur la proximité et la transparence, le Resapac redéfinit les règles du commerce alimentaire à Bamako, tout en ouvrant la voie à une agriculture plus résiliente et inclusive.