Crise diplomatique Espagne-Maroc : le PP exige des comptes sur Sebta et Melilla
L’Espagne est en proie à une tempête politique depuis les déclarations du ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, sur le statut de Sebta et Melilla. Ces propos, tenus à la fin du mois de juillet 2026, continuent de faire vibrer les tensions entre Madrid et Rabat, au point d’alimenter les débats parlementaires.
Les dernières évolutions d’un dossier sensible

Jaime de los Santos
Le PP, par la voix du député Jaime de los Santos, a vivement critiqué l’inaction du gouvernement de Pedro Sánchez face à ces déclarations. Lors d’une intervention à Barcelone, il a souligné l’incohérence de la démarche espagnole, rappelant que Madrid n’avait pas hésité à convoquer l’ambassadeur italien quelques semaines plus tôt après la suspension de l’accord de Schengen par Rome. Pourquoi, s’interroge-t-il, une réaction aussi ferme n’est-elle pas appliquée envers le Maroc, alors que les propos du ministre marocain sur la souveraineté espagnole et l’afflux migratoire à Sebta auraient dû, selon lui, justifier une telle mesure ?
Le parti conservateur a donc demandé officiellement la convocation immédiate de l’ambassadrice du Maroc pour des consultations. Une exigence qui s’accompagne d’une série de questions écrites adressées au ministre de la Présidence et de la Justice, Félix Bolaños. Le PP souhaite obtenir des éclaircissements sur les échanges diplomatiques ayant eu lieu entre l’Espagne et le Maroc depuis la crise migratoire de fin juillet, ainsi que sur les suites données aux déclarations d’Abdellatif Ouahbi.
Autre point de friction : la menace, évoquée par le ministre marocain, de suspendre l’accord d’extradition entre les deux pays. Un instrument jugé essentiel par le PP pour organiser le retour des migrants ayant franchi la clôture frontalière. Le parti conservateur accuse le gouvernement Sánchez de ne pas assez défendre les intérêts espagnols face à Rabat, dans un dossier où chaque mot compte.
Entre tensions diplomatiques et enjeux migratoires, ce dossier s’inscrit dans une logique de fermeté attendue par une partie de la classe politique espagnole. Le gouvernement, pour l’instant, reste silencieux sur les demandes du PP, préférant temporiser dans un contexte où chaque décision pourrait avoir des répercussions immédiates.
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