RDC : Félix Tshisekedi cède partiellement à la pression de l’opposition sur la réforme constitutionnelle

Alors que la tension ne cessait de monter entre le pouvoir et la Coalition Article 64 (C64), une alliance de partis d’opposition créée en mai 2024, le président Félix Tshisekedi a finalement accepté de revoir le projet de loi organisant un référendum sur une réforme constitutionnelle. Une décision prise sous la pression d’un compte à rebours politique particulièrement serré.
Ce texte, porté par le parti présidentiel depuis deux ans, est perçu par la coalition comme une manœuvre permettant au chef de l’État de briguer un troisième mandat, en violation de la Constitution de 2006. Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République (mouvement de Moïse Katumbi et porte-parole de la C64), avait prévenu la veille à Kinshasa : si aucune mesure concrète n’était prise, la coalition passerait à l’action directe pour exiger le retrait pur et simple de la proposition.
La coalition avait même fixé au samedi 15 août une date butoir pour évaluer les avancées du dialogue. Elle appelait simultanément la population à se mobiliser massivement si le Parlement ne renonçait pas à examiner ce projet de loi. Une marche prévue initialement le 22 juillet avait d’ailleurs été reportée après l’intervention des Églises catholique et protestante, qui avaient plaidé pour une solution pacifique.
Une concession saluée, mais insuffisante
Malgré cette reculade partielle, la C64 a choisi de maintenir la pression. Prince Epenge, cofondateur de la coalition, a qualifié la décision de Tshisekedi de « petit pas dans la bonne direction », tout en soulignant qu’elle ne répondait pas pleinement aux exigences du mouvement.
Parallèlement, 65 organisations de la société civile congolaise ont adressé un mémorandum au président et aux institutions nationales, les exhortant à abandonner définitivement le référendum. Selon elles, une telle réforme risquerait d’attiser les tensions politiques, de fragiliser davantage la cohésion sociale et de détourner l’attention des priorités nationales essentielles.
La C64, qui regroupe les principales forces d’opposition, reste donc déterminée à poursuivre sa mobilisation. La question d’un éventuel troisième mandat de Tshisekedi continue de cristalliser les débats et les inquiétudes au sein de la classe politique congolaise.
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