6 juin 2026

Afrique Horizon

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Crise alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre : urgence humanitaire et appels à l’action

crise alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre : des millions de vies en danger

L’Afrique de l’Ouest et du Centre fait face à une crise alimentaire sans précédent, aggravée par l’escalade des violences et des coupes budgétaires drastiques. Le Programme alimentaire mondial (PAM) tire la sonnette d’alarme : 55 millions de personnes, dont plus de 13 millions d’enfants, risquent de sombrer dans une famine critique dès cet été. Une situation qui menace la stabilité sociale et économique de toute la région.

une urgence alimentaire qui s’aggrave avec le temps

Pour éviter un désastre humanitaire, le PAM nécessite plus de 453 millions de dollars d’ici six mois. Selon les dernières projections, trois millions de personnes seront confrontées cette année à une insécurité alimentaire de niveau d’urgence (phase 4 de l’IPC), soit le double des 1,5 million enregistrés en 2020. Quatre pays concentrent 77 % de cette crise : le Nigéria, le Tchad, le Cameroun et le Niger.

Dans l’État de Borno au Nigéria, 15 000 personnes pourraient subir une famine catastrophique (IPC-5), un niveau de crise inédit depuis près de dix ans. Sarah Longford, directrice régionale adjointe du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, alerte : « La réduction des financements en 2025 a aggravé la faim et la malnutrition. Les besoins dépassent largement les ressources disponibles, plongeant les jeunes dans un désespoir croissant. »

Groupe de femmes et d'enfants participant à un projet contre l'insécurité alimentaire au Camerounle Mali, le Nigéria et le Cameroun en première ligne

La région subit une combinaison dévastatrice : conflits armés, déplacements massifs de populations et effondrement économique. Ces facteurs ont transformé une situation déjà fragile en une catastrophe humanitaire.

  • Au Mali : la réduction des rations alimentaires a provoqué une hausse de 64 % de la famine aiguë dans certaines zones. Les régions bénéficiant de rations complètes ont enregistré une baisse de 34 %. Avec 1,5 million de Maliens vulnérables menacés, l’insécurité alimentaire pourrait s’aggraver encore davantage.
  • Au Nigéria : le manque de financement en 2025 a forcé le PAM à réduire ses programmes nutritionnels, affectant plus de 300 000 enfants. La malnutrition est passée de « grave » à « critique » dans plusieurs États du nord. En février, seulement 72 000 personnes pourraient être aidées, contre 1,3 million l’an dernier.
  • Au Cameroun : plus d’un demi-million de personnes pourraient être privées d’aide vitale si les fonds d’urgence ne sont pas débloqués rapidement.

13 millions d’enfants menacés par la sous-alimentation

Lors d’une conférence de presse à Genève, Jean Martin Bauer, directeur de l’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition du PAM, a révélé que 13 millions d’enfants de la région courent un risque élevé de malnutrition cette année. « Les programmes nutritionnels doivent être une priorité absolue pour prévenir et traiter la faim », a-t-il souligné. Il a également mis en garde contre l’IPC-5 : « Cela signifie un risque immédiat de mortalité. Les gens meurent de faim. »

Le PAM insiste sur l’urgence d’une mobilisation internationale pour éviter que des populations déjà fragilisées ne basculent dans une crise irréversible.

le PAM lance un appel urgent à l’investissement

Pour briser le cycle de la faim et garantir la résilience des générations futures, le PAM appelle à un changement de paradigme en 2026. Les gouvernements nationaux et leurs partenaires doivent renforcer les investissements dans la préparation aux crises, les mesures anticipatives et les systèmes de protection sociale.

« Il est crucial de soutenir les communautés en crise pour éviter que la faim ne déclenche davantage de troubles, de déplacements et de conflits », a déclaré Sarah Longford. Le PAM a besoin d’un financement immédiat de 453 millions de dollars pour poursuivre son aide humanitaire dans toute la région.

des solutions existent, mais elles manquent de fonds

Le PAM déploie depuis plusieurs années des programmes de résilience, des initiatives d’alimentation scolaire et des infrastructures communautaires pour lutter contre l’insécurité alimentaire. Ces efforts ont déjà porté leurs fruits : plus de 300 000 hectares de terres dégradées ont été réhabilités depuis 2018, protégeant environ quatre millions de personnes face aux chocs climatiques. Pourtant, ces solutions restent sous-financées.

« Les réponses existent, mais elles ne sont pas suffisamment soutenues financièrement », a précisé Jean Martin Bauer. Sans un engagement accru des donateurs et des États, la situation risque de s’aggraver davantage, condamnant des millions de personnes à une souffrance évitable.