4 août 2026

Afrique Horizon

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Ceuta : le Maroc dénonce l’impact d’une décision de justice espagnole sur la crise migratoire

Alors que près de 60 000 personnes, majoritairement des Marocains, ont franchi ou tenté de franchir la frontière vers l’enclave espagnole de Ceuta ces derniers jours, Rabat a clairement mis en garde Madrid sur les conséquences d’un récent jugement de la Cour suprême espagnole. Un haut responsable marocain a confirmé que les autorités du royaume avaient alerté les autorités espagnoles dès la mi-juillet, alors que les réseaux de passeurs commençaient à évoquer cette décision susceptible de déclencher une vague migratoire incontrôlable.

Selon ce responsable, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, la décision de justice en question, qui exclut le renvoi immédiat des migrants arrivés par la mer, a été clairement identifiée comme une source potentielle de tension. « On a expliqué à Madrid que ce jugement allait nous poser un problème. Et aujourd’hui, il l’a créé », a-t-il déclaré.

L’afflux massif de personnes, principalement venues à pied ou à la nage depuis la ville voisine de Fnideq, a rapidement submergé les capacités d’accueil de Ceuta. Après une première saturation, des milliers de migrants ont été reconduits vers le Maroc, où les autorités insistent sur le fait qu’aucune faille sécuritaire n’a été exploitée.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a, quant à lui, attribué cette crise à une « rumeur lancée par les mafias de trafiquants d’êtres humains », accusant une interprétation abusive de la décision judiciaire. Pourtant, selon le haut responsable marocain, les discussions entre les deux pays avaient débuté dès le 22 ou 23 juillet, bien avant que la situation ne dégénère.

Le Royaume du Maroc a réaffirmé que son dispositif sécuritaire n’avait pas failli, soulignant l’impossibilité de gérer un tel flux par la force. « C’est réducteur de penser que le Maroc aurait dû simplement stopper ces personnes par la contrainte », a-t-il argumenté, rappelant les limites logistiques et humaines d’une telle approche. « Ce n’est pas une responsabilité exclusive du Maroc de gérer ce phénomène », a-t-il ajouté, rappelant que le coût annuel de la gestion migratoire pour le pays s’élève à environ 500 millions d’euros.

Malgré cette crise, Rabat et Madrid maintiennent une collaboration étroite, qualifiée de « partenariat fiable » et de « coordination parfaite » sur les questions migratoires. Le responsable marocain a toutefois rappelé que la responsabilité de trouver des solutions incombe désormais à l’Espagne, face aux défis posés par ce jugement.