4 août 2026

Afrique Horizon

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Cameroun : le débat sur la succession s’intensifie face à l’absence prolongée de Paul Biya

Depuis huit semaines, le président camerounais Paul Biya, âgé de 93 ans, demeure hors du territoire national, prolongeant un « court séjour privé en Europe ». Cette absence, bien au-delà des attentes initiales, alimente de vives spéculations quant à sa capacité à diriger le pays. Le silence persistant des autorités camerounaises ne fait qu’accentuer les incertitudes dans un paysage politique déjà marqué par les enjeux de l’après-présidentielle, une situation qui captive l’actualité africaine.

Les instances dirigeantes s’efforcent activement de désamorcer cette controverse grandissante. Plusieurs hauts fonctionnaires affirment que le chef de l’État continue d’exercer pleinement ses prérogatives à distance. Ils rappellent également qu’aucune disposition constitutionnelle ne fixe de limite à la durée d’un déplacement présidentiel à l’étranger. Pour les cercles officiels à Yaoundé, il n’y a ni vacance du pouvoir ni crise institutionnelle, les affaires de l’État progressant, selon eux, de manière habituelle.

Cependant, cette communication peine à convaincre l’opposition. Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), mené par Maurice Kamto, dénonce un flagrant manque de transparence. Ses cadres estiment que le peuple camerounais a un droit fondamental à l’information concernant l’état de santé du président et sa pleine aptitude à assumer ses hautes fonctions. Pour les dirigeants du MRC, le voile de secret entourant ce séjour européen ne fait qu’intensifier les questions plutôt que de les apaiser.

D’autres voix de l’opposition adoptent une perspective plus institutionnelle. Cabral Libii, président du PCRN, suggère que l’enjeu primordial ne réside pas tant dans l’absence du dirigeant que dans les lacunes inhérentes au cadre juridique régissant l’exercice du pouvoir. Il envisage que les prochaines élections législatives et municipales, prévues début 2027, pourraient offrir une opportunité cruciale pour une refonte des institutions nationales, un pas vers un développement continent plus équilibré.

À seulement huit mois du début du nouveau mandat de Paul Biya, cette absence prolongée réactive un débat de longue date sur la gouvernance, la succession présidentielle et la nécessité d’une transparence accrue au sommet de l’État. Plus qu’une simple polémique sur un déplacement, elle met en lumière les vulnérabilités d’un système politique camerounais profondément ancré autour d’un homme qui détient les rênes du pouvoir depuis plus de quatre décennies. Cette situation soulève des questions essentielles pour la prospective Afrique et la souveraineté Afrique.