21 août 2026

Afrique Horizon

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Catastrophe minière au Cameroun : les failles du système aurifère sous le feu des projecteurs

Des travailleurs extrayant de l'or dans une mine artisanale de Bétaré-Oya, au Cameroun.

En Centrafrique, l’effondrement tragique de la mine de Zamboï a soulevé un vent de panique dans le secteur minier africain. Mais c’est au Cameroun, où les dérives de l’exploitation aurifère persistent, que ce drame révèle des failles structurelles profondes. Entre orpaillage clandestin, régulation défaillante et conséquences humaines désastreuses, le modèle camerounais d’extraction de l’or montre ses limites.

Un secteur minier camerounais sous haute tension

Les sites aurifères du Cameroun, notamment ceux de Bétaré-Oya et de l’Est du pays, cristallisent les tensions liées à l’exploitation artisanale de l’or. Malgré les promesses gouvernementales de structurer le secteur, les pratiques illégales continuent de proliférer. Les mineurs artisanaux, souvent livrés à eux-mêmes, creusent des galeries instables sans équipement adapté, au mépris des normes de sécurité les plus élémentaires.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : chaque année, des centaines de personnes perdent la vie dans des effondrements ou des glissements de terrain. Ces accidents, bien que prévisibles, restent trop fréquents en raison d’un manque criant de contrôle et de transparence. Les autorités camerounaises reconnaissent tacitement cette réalité, mais les solutions tardent à se concrétiser.

Des dérives qui dépassent les frontières

L’exploitation aurifère au Cameroun ne se limite pas à une question de sécurité. Elle soulève également des enjeux économiques et géopolitiques. Le pays, riche en ressources minières, pourrait tirer profit d’une gestion rigoureuse de ses gisements. Pourtant, le secteur reste miné par la corruption, le trafic illégal et une fiscalité inefficace.

Les flux financiers issus de l’or sont souvent détournés vers des circuits parallèles, privant l’État camerounais de revenus essentiels pour financer ses infrastructures et ses programmes sociaux. Cette opacité favorise aussi l’émergence de réseaux criminels qui exploitent les mineurs les plus vulnérables.

Vers une régulation plus stricte ?

Face à l’ampleur des problèmes, des voix s’élèvent pour réclamer une réforme en profondeur du secteur minier au Cameroun. Certains experts plaident pour un encadrement plus strict des activités artisanales, tandis que d’autres appellent à une collaboration accrue entre les autorités locales et les acteurs internationaux.

L’objectif ? Établir un cadre légal clair, garantir des conditions de travail décentes et éradiquer les pratiques illégales. Mais le chemin sera long, tant les intérêts en jeu sont nombreux et les habitudes bien ancrées.

L’or ou la survie : le dilemme des mineurs camerounais

Pour des milliers de Camerounais, l’or représente une bouée de sauvetage. Dans un pays où le chômage frappe massivement, l’orpaillage est souvent la seule source de revenus. Pourtant, cette activité, aussi lucrative soit-elle, se paie au prix fort : risques mortels, maladies chroniques et exploitation sans pitié.

Les femmes et les enfants, en particulier, sont les premières victimes de cette économie informelle. Embauchés pour des salaires de misère, ils travaillent dans des conditions indignes, sans protection sociale ni accès aux soins. Le drame de Zamboï en Centrafrique rappelle brutalement que l’exploitation minière, lorsqu’elle est mal régulée, engendre des catastrophes humaines et sociales.

Des solutions existent-elles ?

Pour sortir de ce cercle vicieux, le Cameroun pourrait s’inspirer de modèles plus vertueux, comme celui du Ghana ou de la Tanzanie, où des réformes ont permis de formaliser partiellement le secteur artisanal. La formation des mineurs, l’accès au crédit et l’amélioration des infrastructures pourraient aussi contribuer à réduire les risques.

Mais sans une volonté politique forte et une transparence accrue, ces initiatives resteront lettre morte. Le Cameroun a les moyens de transformer son secteur minier en levier de développement. Encore faut-il en prendre les décisions courageuses.

En attendant, les mineurs camerounais continuent de risquer leur vie chaque jour, tandis que la richesse de leur sous-sol s’échappe entre les mains de quelques-uns.

Le drame de Zamboï en Centrafrique doit servir d’électrochoc. Pour le Cameroun, l’heure est venue de repenser son modèle minier avant qu’une autre catastrophe ne se produise.