23 juillet 2026

Afrique Horizon

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Un nouveau chapitre s’ouvre : l’Algérie et le Mali rétablissent leurs liens diplomatiques et aériens

Les liens entre l’Algérie et le Mali avaient connu une période de forte dégradation ces dernières années. Cette tension s’était accentuée avec l’avènement de l’actuel gouvernement malien, qui avait publiquement reproché à Alger un certain interventionnisme dans ses affaires intérieures.

Dans un communiqué officiel, les autorités de Bamako ont annoncé la « réouverture de l’espace aérien national à tous les avions civils et militaires » effectuant des trajets à destination ou en provenance du territoire algérien.

Parallèlement, le Mali a confirmé le rapatriement de son ambassadeur à Alger, rappelé en avril 2025, bien qu’aucune date précise pour son retour n’ait été communiquée.

Quelques heures plus tôt, Alger avait déjà pris une initiative similaire concernant l’espace aérien malien. Le ministère algérien de la Défense a précisé que cette décision, effective dès ce vendredi, « englobe tous les vols aériens à destination et en provenance du Mali via les diverses routes internationales ».

Suivant l’exemple de Bamako, Alger a également officialisé vendredi le retour de son propre ambassadeur en terre malienne.

Un incident de drone à l’origine de la discorde

Le ministère des Affaires étrangères a confirmé que Kamel Retieb, ambassadeur en poste à Bamako avant son rappel par Alger suite à un différend majeur provoqué par la destruction d’un drone malien en avril 2025, va reprendre ses fonctions.

L’Algérie, acteur clé dans la médiation de l’accord de paix de 2015 entre le gouvernement malien et les factions armées du nord, a vu son rôle et son influence contestés par les nouvelles autorités de Bamako, qui maintiennent leurs accusations d’ingérence algérienne.

Depuis 2012, le Mali est plongé dans une crise sécuritaire persistante, alimentée par les actions de groupes terroristes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique (EI), ainsi que par des activités de bandes criminelles à caractère communautaire.

Le point culminant de cette discorde bilatérale fut atteint au printemps 2025, suite à l’interception d’un drone militaire malien à proximité de la frontière partagée entre les deux nations.

Alger avait alors affirmé que l’appareil avait enfreint son espace aérien souverain, tandis que Bamako soutenait catégoriquement que le drone évoluait sur son propre territoire national.

Cet incident a déclenché une crise diplomatique majeure, caractérisée par le rappel des ambassadeurs, la fermeture réciproque des espaces aériens et des échanges verbaux tendus entre Alger et les membres de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger).

Les tensions ont également été exacerbées en avril par l’annonce du soutien malien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara occidental, une position en totale contradiction avec celle défendue par l’Algérie, soulignant les complexités de la diplomatie africaine.

Malgré ces épisodes de friction, l’Algérie et le Mali demeurent intrinsèquement liés par une vaste frontière commune et des impératifs sécuritaires partagés, en particulier la lutte incessante contre les groupes jihadistes sévissant dans la région du Sahel, un enjeu crucial pour l’actualité africaine et la stabilité du développement continental.