28 juillet 2026

Afrique Horizon

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UBA bientôt agréée comme banque française : l’ascension financière du Nigeria à Paris

Après un parcours semé d’embûches administratives, le géant bancaire nigérian United Bank for Africa (UBA) s’apprête à franchir une étape historique. Dans les tout prochains jours, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), instance régulatrice française, devrait lui attribuer son agrément définitif. Une avancée majeure pour ce fleuron financier fondé par l’influent homme d’affaires Tony Elumelu, symbole fort des ambitions économiques croisées entre la France et le Nigeria, première puissance ouest-africaine.

L’obtention de cette licence bancaire parisienne couronne un processus entamé il y a plus de dix-huit mois. Un accord-cadre avait alors été signé en grande pompe à Paris, sous les auspices des présidents Bola Tinubu et Emmanuel Macron, entre Tony Elumelu et les autorités françaises de l’époque. Pourtant, entre les promesses politiques et les exigences strictes de la régulation européenne, le chemin s’est révélé plus ardu que prévu pour le groupe nigérian.

Des négociations discrètes aux résultats concrets

Le dossier d’UBA a fait l’objet de tractations soutenues en coulisses, notamment lors du sommet Africa Forward de mai dernier à Nairobi. Lors d’une réunion du France-Nigeria Business Council (FNBC), la question a été abordée en présence de Nicolas Forissier, alors ministre délégué français au Commerce extérieur, et de René-Laurent Alciator, responsable de la filiale parisienne d’UBA. Les échanges ont permis d’aligner les contraintes réglementaires françaises sur les ambitions expansionnistes du groupe.

« Ce n’était plus une question de volonté, mais de calendrier. Les parties ont convenu d’accélérer les dernières formalités auprès de la Banque de France », confie un observateur impliqué dans le projet. Un rendez-vous bilatéral ultérieur a scellé l’issue positive, levant les derniers obstacles administratifs.

Paris, nouvelle capitale des banques nigérianes

UBA n’est pas la première institution financière du Nigeria à s’implanter en France avec une licence complète. Elle rejoint deux autres géants du secteur : Access Bank, présente depuis 2023 via sa succursale française, et Zenith Bank, homologuée en septembre 2024. Cette dernière, dirigée par Rabah Rahmani, ancien cadre de la Société Générale, avait marqué son entrée avec un événement d’envergure au Ritz, réunissant des figures politiques majeures.

Avec son agrément, UBA devient le troisième établissement nigérian à disposer d’une licence bancaire à Paris, consolidant ainsi un véritable hub financier ouest-africain au cœur de l’Europe. Une plateforme stratégique pour faciliter les échanges commerciaux entre l’Afrique francophone et le continent européen.

Un timing politique calculé

Le calendrier de cette homologation n’est pas anodin. À la mi-août, Tony Elumelu doit céder la présidence du conseil d’administration d’UBA à Emmanuel Nnorom. Mais l’annonce officielle de l’ouverture de la succursale parisienne pourrait être savamment orchestrée à l’occasion de la visite d’État d’Emmanuel Macron au Nigeria, prévue les 29 et 30 octobre prochains.

Le lien entre le président français et le magnat nigérian s’est renforcé ces derniers mois. En mars, Emmanuel Macron a nommé Tony Elumelu à la tête de l’Africa France Impact Coalition, une initiative visant à dynamiser les partenariats économiques entre l’Afrique et la France.

Heirs Holdings : une stratégie globale d’expansion

Pour Tony Elumelu, cette licence bancaire française ne représente qu’une étape dans une vision plus large. UBA s’inscrit dans l’écosystème du groupe Heirs Holdings, un conglomérat diversifié couvrant l’énergie, l’hôtellerie de luxe et bien d’autres secteurs. Parallèlement, sa filiale financière United Capital multiplie les implantations, notamment en Éthiopie et au Rwanda, renforçant ainsi la présence africaine du groupe.

En s’ancrant dans le marché financier français, UBA entend jouer un rôle clé dans le financement des échanges transfrontaliers. Son objectif : accompagner les entreprises européennes souhaitant investir en Afrique de l’Ouest, tout en soutenant l’internationalisation des champions économiques africains. Une passerelle désormais ouverte, prête à irriguer les flux économiques entre Paris et Lagos.