23 juillet 2026

Afrique Horizon

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Togo : mercenaires russes et soutien militaire en question

Le Togo face aux défis sécuritaires : l’essor des partenariats avec la Russie et Africa Corps

Alors que les groupes armés gagnent du terrain au Sahel, le Togo se positionne comme un acteur clé de la lutte contre l’insécurité régionale. Depuis 2024, Lomé multiplie les initiatives discrètes pour renforcer ses capacités militaires, notamment en s’appuyant sur deux partenaires inattendus : la Russie, via son contingent Africa Corps, et la Turquie. Une stratégie audacieuse qui soulève des questions sur les alliances stratégiques du pays et leur impact sur la stabilité du continent.

Des alliances militaires sous le radar : la Turquie en première ligne

Dès 2023, les autorités togolaises ont discrètement sollicité le soutien de la Turquie pour moderniser leur appareil de défense. Ankara a répondu présente en proposant une assistance technique et logistique, avec un accent particulier sur le renforcement des capacités aériennes. Des formations d’élites et des équipements modernes ont été déployés, permettant au Togo de mieux contrer les menaces jihadistes venues du nord.

Cette collaboration discrète s’est traduite par l’installation de bases opérationnelles, comme celle de Dihiaga, dans la région des Savanes. Un centre stratégique qui illustre l’engagement croissant d’Ankara dans la sécurité ouest-africaine, bien au-delà de son implication traditionnelle au Sahel.

Africa Corps : la Russie entre en scène

L’année 2025 marque un tournant avec l’arrivée remarquée des mercenaires russes du groupe Africa Corps, une branche spécialisée dans le soutien aux armées africaines. Contrairement à d’autres acteurs extérieurs, Moscou a choisi une approche directe, en proposant des contrats de sécurité sur mesure aux pays de la région.

Le Togo a été l’un des premiers à sauter le pas, signant des accords qui vont bien au-delà de simples échanges d’expertise. Des conseillers militaires russes ont été déployés pour encadrer les troupes togolaises, tandis que des livraisons d’armes et de matériel ont été organisées dans la plus grande confidentialité. Une stratégie qui reflète la volonté de Faure Gnassingbé de diversifier ses partenariats, tout en gardant un contrôle strict sur ces collaborations.

Un équilibre fragile entre sécurité et souveraineté

Cette ouverture vers des acteurs extérieurs ne fait pas l’unanimité. Certains observateurs s’interrogent sur les risques de dépendance accrue, tandis que d’autres y voient une nécessité face à la montée des menaces jihadistes. Le gouvernement togolais, lui, insiste sur la nécessité de protéger ses frontières et de garantir la stabilité du pays, sans pour autant sacrifier son indépendance.

Parmi les mesures prises, on note le renforcement des patrouilles aux points sensibles, comme la frontière avec le Burkina Faso, ainsi que la création de cellules de renseignement dédiées à la détection précoce des mouvements suspects. Une approche pragmatique qui combine action militaire et diplomatie préventive.

Quels impacts pour le Sahel et l’Afrique de l’Ouest ?

L’implication accrue du Togo dans la lutte antiterroriste pourrait redessiner la carte sécuritaire de la sous-région. En s’alliant à des partenaires aussi divers que la Turquie et la Russie, Lomé envoie un signal fort : celui d’une Afrique prête à prendre en main sa propre sécurité, avec l’aide de ceux qui peuvent apporter des solutions concrètes.

Cependant, cette stratégie soulève des interrogations. Jusqu’où le pays peut-il aller dans ses collaborations sans compromettre sa neutralité ? Et quel rôle joueront ces nouveaux alliés dans les années à venir ? Une chose est sûre : le Togo est désormais un acteur incontournable de la stabilité en Afrique de l’Ouest.

Vue aérienne de la base de Dihiaga, dans la région des Savanes, début 2024.