24 avril 2026

Tanzanie : le bilan officiel des violences post-électorales de 2025 s’élève à 518 morts

Six mois après les élections présidentielles d’octobre 2025, la Commission d’enquête gouvernementale tanzanienne a rendu publiques ses conclusions à Dar es Salaam. Le rapport fait état de 518 décès liés aux troubles qui ont suivi le scrutin, une annonce qui, loin d’apaiser les tensions, ravive la polémique sur la réalité de la répression.

Un rapport gouvernemental sous le feu des critiques

C’est dans un climat de forte suspicion que les autorités ont dévoilé les résultats de leurs investigations sur la crise sanglante de la fin d’année 2025. Le document officiel recense 518 victimes, résultant d’affrontements entre civils et forces de l’ordre, ainsi que de heurts intercommunautaires.

Tout en admettant pour la première fois la gravité de la situation, l’exécutif tente de minimiser sa responsabilité. Le rapport attribue la majorité des décès à des « débordements incontrôlés » survenus lors de rassemblements interdits. Par ailleurs, la commission pointe du doigt certains meneurs d’opinion, les accusant d’avoir attisé la colère populaire.

Une guerre des chiffres entre l’État et la société civile

Le bilan de 518 morts est vigoureusement rejeté par les détracteurs du régime, qui y voient une tentative de dissimulation de l’ampleur réelle du massacre.

  • L’opposition politique : Les partis contestataires réfutent catégoriquement ces données, affirmant que le nombre de victimes se compte en milliers. Ils dénoncent également l’absence totale de mention des disparitions forcées dans le rapport.
  • Les observateurs internationaux : Plusieurs organisations de défense des droits humains, s’appuyant sur des preuves satellites et des témoignages directs, soutiennent que la violence n’était pas accidentelle mais bien « systématique et planifiée ».

Une manœuvre de réhabilitation diplomatique ?

Pour de nombreux analystes, la publication de ce bilan revu à la baisse répond à une stratégie politique précise. En reconnaissant une partie des faits, le gouvernement tanzanien chercherait à donner des gages à la communauté internationale tout en se protégeant contre d’éventuelles poursuites pour crimes contre l’humanité.

Un représentant d’une association locale a d’ailleurs qualifié ce rapport d’instrument de « réhabilitation diplomatique » plutôt que de véritable outil de recherche de la vérité.

Vers une impasse politique durable

L’avenir de la réconciliation nationale semble aujourd’hui compromis. Face à l’incrédulité générale, les appels en faveur d’une enquête internationale indépendante se multiplient. Tant que la lumière ne sera pas faite sur l’identité des responsables et le nombre exact de victimes, les cicatrices des violences de 2025 continueront de diviser profondément la Tanzanie.