10 août 2026

Afrique Horizon

Prospective et actualités africaines : économie, diplomatie, développement et souveraineté du continent.

Sonko lance une enquête sur les milliards détournés du programme ordinateurs étudiants

Sonko lance une enquête sur les milliards détournés du programme « Un Étudiant, Un Ordinateur »

Portrait de Ousmane Sonko en pleine investigation

Une commission d’enquête parlementaire est mise en place pour faire la lumière sur les irrégularités présumées dans la gestion du programme phare « Un Étudiant, Un Ordinateur », impliquant des dizaines de milliards de francs Cfa.

Le Groupe Pastef-Les Patriotes, mené par Ousmane Sonko, ne laisse aucun détail au hasard pour examiner les manquements présumés dans l’exécution du programme « Un Étudiant, Un Ordinateur ». Une commission d’enquête parlementaire a été officiellement lancée pour analyser les irrégularités dans la passation et l’exécution de ces marchés depuis 2017, pour un budget total estimé à près de 48 milliards de francs Cfa.

Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée Nationale, impulse cette initiative pour rétablir la transparence et sanctionner les responsables présumés. Le programme, destiné à équiper les étudiants en ordinateurs, aurait été marqué par des manquements graves : absence d’appels d’offres, non-respect des procédures légales et détournements présumés.

Selon les parlementaires Pastef, l’État aurait déjà été condamné à payer une seconde fois près de 1,25 milliard de francs Cfa en raison d’irrégularités répétées. Plus d’un milliard de francs Cfa supplémentaires seraient également concernés par des allégations de détournement. Ces manquements, s’ils sont avérés, pourraient avoir des conséquences économiques et sociales désastreuses pour le pays.

Un fonds de garantie opaque et des comptes bancaires suspects

Parmi les anomalies mises en avant, les parlementaires soulignent l’existence d’un fonds de garantie de 2 milliards de francs Cfa versé auprès d’Ecobank, sans aucune transparence sur son origine, sa gestion ou son utilisation. Cette opacité interroge d’autant plus que le programme a connu huit éditions depuis 2017.

Les investigations révèlent également l’existence de 13 comptes et sous-comptes bancaires liés au programme, alors que seuls trois étaient officiellement déclarés. Un solde non documenté de 864,8 millions de francs Cfa a été dispersé sur ces comptes, sans justification claire. Pire encore, près de 800 ordinateurs, acquis sur fonds publics, sont toujours entreposés à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, présentant des dysfonctionnements majeurs.

Les parlementaires Pastef pointent du doigt les ministres successifs des Finances et de l’Enseignement supérieur, ainsi que les directeurs et chefs de service ayant travaillé sur ce programme. Tous sont suspectés d’avoir contribué à ces irrégularités en ne respectant pas les procédures légales en vigueur.

Des virements suspects et des contrats introuvables

Pour l’édition 2023 du programme, un virement d’1,446 milliard de francs Cfa a été effectué pour l’achat de 7 055 ordinateurs. Problème : aucun contrat n’a pu être retrouvé, et la société bénéficiaire n’était même pas un partenaire officiel de l’État. Pire, l’État aurait été condamné à payer une seconde fois pour ces mêmes prestations.

Les responsables du programme sont accusés d’avoir utilisé des sociétés intermédiaires non mandatées, sans convention écrite, et d’avoir enfreint toutes les règles de la commande publique. Les entités visées incluent le ministère de l’Enseignement supérieur, la Direction générale de l’Enseignement supérieur, la Direction centrale des marchés publics, et bien d’autres acteurs clés.

Face à ces éléments, Ousmane Sonko et son groupe parlementaire estiment qu’une enquête approfondie est indispensable. Les manquements présumés, s’ils sont confirmés, pourraient avoir des répercussions graves sur l’économie nationale et la confiance des citoyens dans les institutions.