Lors d’un discours marquant à Touba, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, a lancé un avertissement sans équivoque au gouvernement d’Al Aminou Lo. Il menace de recourir à une motion de censure si les contrats pétroliers en préparation ne garantissent pas la souveraineté économique du Sénégal.
Quelques semaines seulement après son départ forcé de la Primature, Ousmane Sonko, désormais à la tête de l’institution parlementaire, a choisi un cadre symbolique – l’inauguration du siège du Pastef à Touba – pour exprimer son mécontentement. En pleine polémique sur les ressources naturelles, il accuse l’équipe d’Al Aminou Lo de reproduire les erreurs du passé en favorisant les multinationales au détriment des intérêts nationaux.
Dans une allocution en wolof, teintée de virulence, il a dénoncé une politique gouvernementale qui, sous couvert de moderniser l’économie, sacrifierait les hydrocarbures et le phosphate aux appétits des géants étrangers. Les noms de BP et Kosmos ont été avancés pour illustrer ce qu’il qualifie de « bradage » des richesses du pays. Pour Sonko, ces agissements rappellent les dérives de l’ère Macky Sall, qu’il avait déjà critiquées en juin dernier.
« Nous savons pertinemment quel rôle il a joué dans cette situation », avait-il déclaré alors au sujet d’Al Aminou Lo. Dimanche, il est passé à l’action en brandissant l’outil institutionnel : la motion de censure. « Si l’on persiste dans cette voie, si les intérêts du Sénégal sont bafoués, nous renverserons ce gouvernement », a-t-il lancé sous une salve d’applaudissements, promettant de renouveler l’opération autant que nécessaire pour empêcher ce qu’il considère comme un pillage organisé.
L’Assemblée nationale comme rempart contre les dérives
Pour endiguer cette tendance, Ousmane Sonko annonce le dépôt imminent d’une proposition de loi révolutionnaire. Portée par une députée de son parti, cette initiative imposerait un contrôle parlementaire préalable pour toute attribution de bloc pétrolier ou gazier. « Aucun bloc ne sera cédé sans l’aval de l’Assemblée », a-t-il martelé, citant en exemple le modèle norvégien, synonyme de transparence et de rigueur dans la gestion des ressources.
Cette offensive s’inscrit dans la continuité de la lutte entamée par Sonko lorsqu’il occupait encore le fauteuil de Premier ministre. Au printemps 2026, il avait initié un audit des contrats pétroliers, révélant des « accords hérités » non conformes au code. Ces renégociations, comme celle du bloc Yakaar-Teranga, avaient été saluées comme des « victoires majeures » pour la souveraineté énergétique.
Aujourd’hui, il reproche au gouvernement actuel de freiner ces avancées, notamment à travers les nominations récentes à la tête de Petrosen. Une décision qu’il juge incompatible avec la défense des intérêts sénégalais.
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