Économie
Abandon de la Sosucam par Somdia : les véritables enjeux d’un retrait stratégique
Une décision controversée aux multiples implications économiques et politiques secoue actuellement le secteur sucrier camerounais.
Les révélations d’Albin Njilo mettent en lumière les véritables motivations derrière le retrait de Somdia du Cameroun, loin des conflits familiaux évoqués.
« Après que Somdia ait annoncé quitter la Sosucam malgré les engagements pris auprès du président de la République, certains acteurs, profitant de décrets pour s’enrichir aux dépens du développement national, ont orchestré une campagne médiatique visant à présenter cette décision comme le résultat de tensions internes au groupe. Une manœuvre visant à tromper les autorités », déclare Albin Njilo.
« La réalité est bien différente. Somdia quitte le Cameroun car le système local favorise l’enrichissement d’une minorité au détriment des entreprises productives. Les licences d’importation de sucre, attribuées à des proches du pouvoir, ont saturé le marché avec des produits à bas prix, rendant impossible la compétitivité de la Sosucam », explique-t-il.
« Malgré un investissement de 4,5 milliards de FCFA l’an passé pour moderniser ses installations et tenter de résister à cette concurrence déloyale, Somdia n’a obtenu aucune réduction des quotas d’importation. Pire : plus de 125 milliards de FCFA de sucre ont été importés en une année, avec des facilités douanières accordées à des importateurs liés aux cercles du pouvoir. Ces derniers réexportent ensuite illégalement ce sucre vers les pays voisins », poursuit l’analyste économique.
« Des stocks importants de sucre, bloqués dans les entrepôts du terminal ferroviaire de Ngaoundéré depuis la réinstauration des barrières douanières par le président Mahamat Idriss Déby, sont régulièrement réintroduits clandestinement sur le marché camerounais. Une pratique qui aggrave la crise du secteur », ajoute-t-il.
Pourquoi l’investissement en Côte d’Ivoire ?
« En Côte d’Ivoire, le gouvernement applique une gestion rigoureuse des licences d’importation. Contrairement au Cameroun, les quotas ne sont pas attribués à des intermédiaires mais réservés aux producteurs locaux en cas de pénurie. Une approche qui préserve l’équilibre du marché »
Cette stratégie ivoirienne contraste avec les dysfonctionnements camerounais et explique le choix de Somdia de privilégier désormais ce pays pour son projet d’expansion.
Plus d'histoires
Cotonou et Rabat scellent 14 accords pour booster l’économie béninoise
Gaskindé : l’ombre persistante sur l’attaque qui a changé le Burkina Faso
La berd mise sur le Bénin pour dynamiser l’afrique subsaharienne