1 juillet 2026

Afrique Horizon

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Shanda Tonme analyse les défis complexes du pouvoir au Cameroun

Pour le Médiateur Universel et figure de proue de la lutte contre la corruption, l’intérêt supérieur de la nation doit primer sur les allégeances claniques. Dans cette vision, seul le Cameroun demeure la priorité absolue et éternelle.

UNE PROBLÉMATIQUE VITALE POUR LA NATION, L’ÉTAT ET LA RÉPUBLIQUE

Il est impératif de comprendre qu’aucun citoyen n’est au-dessus des lois. Un assainissement rigoureux de la sphère politique est le préalable indispensable à tout changement structurel, tant les racines du mal sont profondes et les attentes sociales pressantes.

La question fondamentale qui se pose aujourd’hui est de savoir si nous nous dirigerons vers une simple réforme de façade, impliquant des acteurs aux pratiques douteuses issus de cercles d’influence nuisibles, ou si nous aspirons à doter le pays d’institutions solides animées par des personnalités intègres, patriotes et d’une loyauté sans faille.

Rarement un dirigeant n’a été confronté à une conjoncture aussi complexe et périlleuse pour l’avenir de son pays que celle que traverse actuellement Paul Biya. Bien que sa longévité au pouvoir suscite des interrogations, il serait réducteur de lui imputer l’entière responsabilité des difficultés nationales. Au contraire, il a souvent fait preuve d’une patience et d’une tolérance notables face aux trahisons flagrantes de certains collaborateurs proches au cours des quarante dernières années.

La gestion du Cameroun et de ses élites est une tâche ardue qui ne se résume pas à un simple jeu de chaises musicales. L’observation attentive suggère que la stratégie présidentielle repose désormais sur la durée et le sacrifice. Le temps agit ici comme un révélateur, permettant de distinguer les alliés sincères des opportunistes alors que les défis se multiplient.

L’ampleur de la tâche est immense. Comment rester impassible face à des comportements aberrants, comme celui d’un responsable de structure publique sollicitant des sommes astronomiques pour son confort personnel dès sa prise de fonction ? La situation est critique et impose une réflexion profonde au sommet de l’État.

Éviter de précipiter le pays dans une instabilité majeure tout en neutralisant les réseaux d’influence toxiques est un exercice d’équilibriste. Le président semble prendre le temps nécessaire pour digérer les déceptions et préparer l’avenir des prochaines générations. Dans cette quête de stabilité, il n’y a de place ni pour le favoritisme tribal, ni pour les privilèges de clan.

Prétendre que l’urgence doit primer sur la réflexion est une approche risquée. Le destin d’une nation se forge dans la patience et la résilience. Cette équation existentielle pour l’État et la République déterminera l’avenir du pays sur le long terme.

Yaoundé, juillet 2026