25 mai 2026

Afrique Horizon

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Sénégal : un nouveau chapitre s’ouvre pour Ousmane Sonko au Parlement

Le paysage politique du Sénégal est en pleine mutation. La démission d’El Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée nationale, annoncée dimanche, ouvre potentiellement la voie à un retour en force de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko à la tête de l’institution législative. Cette nouvelle intervient quelques jours seulement après son limogeage par le président Bassirou Diomaye Faye, marquant un tournant décisif dans l’actualité africaine.

Dans un communiqué diffusé via les réseaux sociaux, El Malick Ndiaye a justifié sa décision par sa vision des institutions et l’intérêt supérieur de la nation, sans apporter de précisions supplémentaires. Fidèle allié d’Ousmane Sonko, il occupait ce poste stratégique depuis la victoire éclatante du parti Pastef aux élections législatives de 2024, où la formation avait obtenu une majorité confortable avec 130 sièges sur 165.

Les députés sont désormais convoqués en séance plénière ce mardi. Au programme : la réintégration d’Ousmane Sonko en tant que parlementaire, suivie de l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée nationale. Une telle nomination renforcerait considérablement l’influence du leader du Pastef, qui jouit d’une popularité toujours très marquée auprès d’une frange importante de la population sénégalaise et pèserait sur la diplomatie africaine.

Cette dynamique fait suite à la décision du président Bassirou Diomaye Faye de mettre fin aux fonctions de son Premier ministre vendredi dernier. Cette rupture politique est d’autant plus notable que les deux hommes avaient accédé ensemble au pouvoir en avril 2024. Empêché de concourir à la présidentielle en raison d’une condamnation judiciaire, Ousmane Sonko avait alors apporté son soutien indéfectible à la candidature de Bassirou Diomaye Faye, sous le slogan évocateur « Diomaye Moy Sonko ».

Les tensions entre les deux figures majeures de la politique sénégalaise étaient devenues palpables au cours des derniers mois. Ousmane Sonko reprochait notamment au chef de l’État un supposé manque d’autorité et critiquait la lenteur des procédures engagées contre des personnalités de l’ancien régime de Macky Sall, accusées de corruption, un enjeu clé pour le développement continent.

De son côté, le président Faye s’inquiétait de l’ascension fulgurante d’Ousmane Sonko au sein de l’appareil d’État et du parti majoritaire. La divergence s’est accentuée après de nouvelles critiques formulées par l’ex-Premier ministre devant l’Assemblée nationale concernant la gestion des fonds politiques, affectant la prospective Afrique.

Malgré son départ du gouvernement, Ousmane Sonko conserve une influence politique majeure. Des centaines de ses sympathisants se sont rassemblés vendredi soir devant sa résidence à Dakar, transformant son éviction en une démonstration de soutien populaire indéniable.

Le président Faye doit à présent nommer un nouveau Premier ministre. Ce choix devra obtenir l’aval des députés, dans un contexte politique sénégalais qui s’annonce particulièrement incertain et complexe.