24 avril 2026

Sénégal : l’actrice bigué Diop face à de lourdes accusations

Au Sénégal, l’actrice Bigué Diop, également connue sous le nom de Mame Dior, se trouve au cœur d’une affaire judiciaire complexe, faisant face à deux chefs d’accusation majeurs. Cette personnalité du cinéma, âgée de 32 ans, a vu sa situation basculer après une convocation initiale à la gendarmerie.

Initialement, le 26 mars, Bigué Diop s’était présentée devant les autorités suite à sa propre plainte pour diffamation. Des vidéos diffusées sur TikTok l’accusaient en effet de vol. Cependant, l’enquête a pris une tournure inattendue : l’actrice a été elle-même interpellée et mise en cause dans une présumée affaire de vol, modifiant radicalement le cours des événements.

L’examen de son téléphone portable, saisi durant l’enquête, a révélé des éléments ayant conduit à une deuxième accusation. Ces faits sont qualifiés d’« actes contre nature », terme désignant des relations homosexuelles présumées, ce qui a ajouté une dimension sensible au dossier judiciaire de l’actrice sénégalaise.

Le 2 avril, le juge en charge du dossier a prononcé l’inculpation de Bigué Diop pour ces deux chefs d’accusation. Pour les allégations de vol, qui englobent des accusations d’association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux, l’actrice a été placée sous contrôle judiciaire. Quant à la charge concernant les « actes contre nature », elle est désormais soumise au port d’un bracelet électronique.

L’avocat de Bigué Diop, Maître Ouseynou Ngom, réfute avec détermination toutes les charges retenues contre sa cliente. Il soulève des questions cruciales sur la légalité de la fouille du téléphone, arguant d’une potentielle violation de la législation sénégalaise en matière de cybersécurité. La défense a d’ores et déjà annoncé sa volonté de déposer une demande d’annulation de l’ensemble de la procédure devant la chambre d’accusation.

Cette affaire Bigué Diop s’inscrit dans un contexte sénégalais où la loi contre l’homosexualité est un sujet de vifs débats, particulièrement depuis son durcissement par les députés de l’Assemblée nationale. Au-delà de ce cas spécifique, la multiplication des interpellations pour des accusations similaires alimente une inquiétude grandissante au sein des organisations de défense des droits humains, qui pointent du doigt les atteintes aux libertés individuelles.