2 juin 2026

Afrique Horizon

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Rupture entre Faye et Sonko divise les jeunes sénégalais

Au Sénégal, la rupture politique entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’impose comme un choc pour la jeunesse

Saikou Seydi
Les tensions entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont pris une nouvelle dimension lorsque ce dernier, alors Premier ministre, critiquait ouvertement l'autorité présidentielle en juillet 2025.

Le gouvernement sénégalais a été dévoilé hier. Pourtant, aucun membre du parti Pastef-Les Patriotes, dirigé par Ousmane Sonko, n’y figure. Une annonce qui officialise la fracture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié, confirmant ainsi l’échec de leur collaboration.

Cette rupture politique laisse un goût amer parmi les jeunes Sénégalais, qui avaient cru en ce duo porteur d’espoir. À l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, beaucoup peinent encore à accepter cette réalité.

Les jeunes Sénégalais face au désenchantement

Sous l’ombre d’un arbre de la Faculté des Lettres, Amath Segnane révise ses cours. Comme des milliers d’autres électeurs, il avait placé sa confiance dans l’alliance entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Aujourd’hui, il exprime sa déception : « On nous a promis l’unité, la confiance et une action commune. Si Diomaye et Sonko ne s’entendent plus, comment pouvons-nous encore croire en eux ? »

Pour cet étudiant, la séparation des deux hommes remet en cause le récit d’un front uni qu’ils avaient construit pendant des années.

La jeunesse sénégalaise, une fois de plus au cœur des tensions politiques entre Faye et Sonko.

Une rupture longtemps attendue pour certains

Mamadou Bah, étudiant en sciences économiques, voit dans cette séparation l’aboutissement d’un processus inévitable. Selon lui, les signes de tensions étaient visibles depuis des mois : « Le Premier ministre agissait comme s’il était au-dessus du président. Quand on ne respecte plus l’autorité, la rupture devient nécessaire. Je soutiens la décision de Diomaye Faye. »

Bien que déçu par l’évolution de la situation, il estime que le chef de l’État avait tout à fait le droit de reprendre le contrôle de l’exécutif.

Entre espoir et réalisme politique

Omar Sarr, étudiant en arabe, refuse pour sa part de croire à une rupture définitive. Leur parcours commun, marqué par des années de collaboration jusqu’à la victoire électorale, rend cette idée difficile à accepter. « Sans Sonko, Diomaye Faye n’aurait jamais été président. Leur alliance a changé le Sénégal. Aujourd’hui, certains leur donnent tort ou raison, mais je refuse de penser qu’ils ne se retrouveront pas. »

Désormais, le président Diomaye Faye dirige sans le soutien de son parti, tandis qu’Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, rejoint l’opposition. Une nouvelle donne politique qui alimente les débats et interroge l’avenir du pays.