21 juin 2026

Afrique Horizon

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RDC-Rwanda: Aimé Boji insiste sur la cohabitation éternelle et la fin de la déstabilisation dans l’est

Le président de l’Assemblée nationale congolaise, Aimé Boji Sangara, a marqué la clôture de la session ordinaire de mars, le lundi 15 juin 2026, par un discours vibrant. Au cœur de son intervention : la situation sécuritaire critique qui sévit dans l’Est de la République démocratique du Congo, qualifiée de préoccupation majeure pour l’ensemble de la représentation nationale.

Dès l’ouverture de son allocution, Aimé Boji a souligné l’extrême gravité des événements sur le terrain. Le leader de la Chambre basse a exprimé l’inquiétude profonde de l’Assemblée nationale face à la persistance des violences armées, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Dans ces régions, les populations civiles continuent d’endurer les conséquences dévastatrices des conflits incessants.

« La situation sécuritaire dans l’Est de notre pays reste la principale préoccupation de la représentation nationale. Au moment où nous achevons nos travaux, nos pensées se tournent résolument vers l’Est. L’agression rwandaise, menée par son groupe terroriste l’AFC/M23, ainsi que les massacres atroces perpétrés par les terroristes des ADF, continuent d’endeuiller nos compatriotes », a-t-il déclaré avec force.

Dans la continuité de cette position, Aimé Boji Sangara a réaffirmé la ferme condamnation de l’Assemblée nationale face à la poursuite des violences armées et des attaques ciblées contre les civils. Il a également rendu un hommage appuyé aux forces de défense et de sécurité, ainsi qu’aux groupes d’autodéfense, les Wazalendo, qui luttent vaillamment aux côtés de l’armée congolaise.

« De cette tribune, l’Assemblée nationale réitère sa condamnation la plus vigoureuse de cette guerre meurtrière et injuste. C’est l’occasion de saluer solennellement nos forces armées, les FARDC, et les Volontaires pour la défense de la patrie, les Wazalendo, qui se battent jour et nuit au péril de leur vie. Aux populations meurtries du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de l’Ituri, nous affirmons : la Nation ne vous oublie pas », a-t-il promis.

Avec une détermination palpable, Aimé Boji Sangara a exigé la cessation immédiate des hostilités et de toute ingérence extérieure dans l’Est du pays. Il a par ailleurs réaffirmé l’engagement inébranlable de la République démocratique du Congo à préserver son intégrité territoriale et sa souveraineté Afrique.

L’élu de Walungu, dans la province du Sud-Kivu, a lancé un appel pressant à Kigali pour une prise de conscience régionale, soulignant l’impératif d’une paix durable entre voisins.

« Aux agresseurs rwandais et à leurs supplétifs de l’AFC/M23, nous déclarons qu’il est temps que le pouvoir rwandais mette fin à ses manœuvres de déstabilisation, cesse le pillage de nos ressources et arrête immédiatement l’extermination de nos populations. Ni les velléités expansionnistes, ni la violence ne parviendront à ébranler notre souveraineté. Aucune portion de notre territoire ne sera cédée. Le Rwanda doit comprendre que la géographie nous condamne à être voisins pour l’éternité. La guerre ne fera que perpétuer une haine dont les générations futures paieront le prix, et seule la paix durable profitera à tous », a-t-il martelé.

Malgré les efforts de diplomatie africaine et les accords comme celui de Washington, sous l’égide des États-Unis, ou le processus de Doha, soutenu par le Qatar et l’Union africaine, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC continue de se dégrader. Les civils restent les principales victimes de ces violences et des déplacements forcés, exacerbant une crise humanitaire déjà catastrophique, aggravée par la diminution des financements internationaux pour l’aide. Les appels répétés au respect des engagements de paix, lancés aux niveaux national, régional et international, demeurent sans effet tangible. L’écart entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques sur le papier persiste, chaque partie interprétant les accords à sa manière, rendant leur concrétisation incertaine dans l’actualité africaine.

Aimé Boji