21 juillet 2026

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Pouvoir vacant au Cameroun : mythe ou réalité politique ?

Politique

Pouvoir vacant au Cameroun : mythe ou réalité politique ?

L’éditorial politique diffusé le 20 juillet 2026 sur les ondes de la Radio Tiémeni Siantou (90.5 FM à Yaoundé et Bafang) soulève une question cruciale : le chef de l’État camerounais, Paul Biya, est-il absent au point de créer une vacance du pouvoir dans le pays ?

Armand Djaleu
||3 min de lecture
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Le départ de Paul Biya pour un séjour en Europe, présenté comme privé, alimente les spéculations sur son état de santé et la gestion du pouvoir au Cameroun.

Le 7 juin 2026, le président camerounais a quitté le pays pour un « court séjour privé » en Europe, selon le communiqué officiel de son cabinet dirigé par Samuel Mvondo Ayolo. Pourtant, après plusieurs semaines d’absence, la question de la vacance du pouvoir refait surface, alimentée par des rumeurs persistantes.

Les médias panafricains, à travers des articles détaillés, confirment que le chef de l’État réside actuellement à Genève, en Suisse, une destination qu’il fréquente régulièrement depuis son accession au pouvoir en 1982. Ce séjour, initialement présenté comme temporaire, s’éternise, suscitant des interrogations sur la santé du président, aujourd’hui âgé de 93 ans.

Malgré les démentis officiels rassurant l’opinion publique, certains observateurs n’hésitent pas à évoquer l’hypothèse d’une vacance du pouvoir. Une analyse qui mérite d’être éclairée par les dispositions constitutionnelles camerounaises.

La vacance du pouvoir : une question de droit, pas de durée

Contrairement à une idée reçue, la loi camerounaise ne fixe aucune limite temporelle au séjour du président à l’étranger. La question de la vacance du pouvoir ne peut donc être posée uniquement sur la base du nombre de jours passés hors du territoire national. Le Cameroun, comme de nombreux États, encadre strictement cette notion.

Selon l’article 13 de la Constitution camerounaise, la vacance du pouvoir ne peut être constatée que dans trois cas précis : le décès, la démission ou l’empêchement définitif du président en exercice. Or, aucune de ces situations n’a été officiellement déclarée.

Un flou juridique subsiste cependant concernant la définition d’un « empêchement définitif ». La loi ne précise pas les critères permettant de l’établir, laissant ainsi une marge d’interprétation qui peut alimenter les débats.

En l’absence de preuve formelle d’un empêchement, d’une démission ou d’un décès, la question de la vacance du pouvoir reste donc purement spéculative. Le président Biya pourrait, légalement, exercer ses fonctions depuis l’étranger sans que cela ne constitue une entorse à la Constitution.

Éthique politique et attentes citoyennes

Les délais inhabituels dans la formation du gouvernement après l’élection présidentielle d’octobre 2025, ainsi que la réintroduction controversée du poste de vice-président, ont alimenté les suspicions. Certains y voient une raison supplémentaire de surveiller de près les allées et venues du président.

Depuis plus de quatre décennies au pouvoir, Paul Biya n’a jamais signé de décret majeur depuis l’étranger. Cette pratique, bien que légale, interroge sur la transparence et la proximité du pouvoir avec les citoyens.

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