10 août 2026

Afrique Horizon

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Paul biya absent : le Cameroun paralysé par un vide politique aux conséquences économiques lourdes

Depuis le 7 juin 2026, le Cameroun observe une absence prolongée de Paul Biya, parti pour un « séjour privé en Europe » sans date de retour annoncée. Plus de deux mois plus tard, cette situation inédite dépasse le cadre politique pour s’immiscer dans le quotidien des Camerounais. Dans un pays où le pouvoir se concentre entre les mains d’un seul homme, ce vide institutionnel n’est pas sans conséquences sur l’économie et la vie sociale.

Impact économique : un frein aux ambitions camerounaises

Au Cameroun, la gouvernance repose sur une centralisation extrême du pouvoir. L’absence du président Paul Biya engendre des blocages concrets :

  • Marchés financiers en crise : Les obligations camerounaises en dollars affichent l’une des plus mauvaises performances du continent. Les investisseurs internationaux, faute de visibilité sur la situation politique, réduisent leurs engagements.
  • Projets d’envergure au point mort : Les grands chantiers et partenariats public-privé nécessitent des arbitrages présidentiels. Sans ces validations, les dossiers s’accumulent, retardant les décaissements et l’exécution budgétaire.
  • Administration paralysée : Malgré la réforme constitutionnelle de 2026 instaurant un poste de vice-président, celui-ci reste vacant. Les remaniements ministériels, attendus depuis des mois, n’ont toujours pas eu lieu, maintenant un état de stagnation administrative.

Vie quotidienne : précarité et tensions sociales en hausse

Les Camerounais subissent de plein fouet les répercussions de cette crise institutionnelle :

  • Inflation et appauvrissement : Le prix des denrées essentielles et du carburant continue de flamber. Sans mesures correctives, le pouvoir d’achat des ménages s’effrite chaque jour davantage.
  • Rumeurs et méfiance généralisée : L’opacité entourant la situation nourrit les spéculations, alimentant un climat de défiance et d’anxiété parmi la population, notamment les jeunes.
  • Crises négligées : Les urgences nationales, comme les conflits dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ou la dégradation des infrastructures, peinent à trouver des solutions faute de leadership politique.

Une gouvernance camerounaise à bout de souffle

Cette absence prolongée de Paul Biya révèle les fragilités d’un système où tout repose sur une seule personne. Lorsqu’un pays comme le Cameroun dépend d’un chef de l’État pour chaque décision majeure, l’absence prolongée de ce dernier expose les limites d’un modèle institutionnel trop centralisé.

Pour éviter une dégradation durable de la situation économique et sociale, une clarification urgente de la gouvernance s’impose. Sans cela, l’instabilité politique pourrait s’aggraver, menaçant la stabilité du pays.