14 mai 2026

Niger : deux ans de captivité pour l’ancien président Mohamed Bazoum

Les dirigeants actuels du Niger sont pressés de libérer sans délai l’ancien chef d’État Mohamed Bazoum. Ce dernier demeure en détention arbitraire deux ans après le renversement de son gouvernement par un coup de force militaire.

Une détention prolongée au cœur de Niamey

Le 26 juillet 2023, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), sous l’égide du général Abdourahamane Tiani, a pris le pouvoir, entraînant l’arrestation de Mohamed Bazoum et de son épouse, Hadiza Bazoum. Depuis lors, le couple est consigné au sein du palais présidentiel de Niamey. Ils sont privés de tout contact avec leurs avocats et les membres de leur famille, alors qu’un procès se profile suite à la levée de l’immunité présidentielle de l’ancien dirigeant en 2024.

Pour de nombreux observateurs des droits humains, le maintien en captivité de l’ancien couple présidentiel témoigne d’un mépris flagrant pour les principes de l’État de droit. Les poursuites engagées, perçues comme politiquement motivées, affaiblissent les promesses de transition démocratique formulées par la junte.

Des procédures judiciaires contestées

Dès le mois d’août 2023, les autorités militaires ont manifesté leur volonté de juger Mohamed Bazoum pour « haute trahison » et atteinte à la sûreté de l’État. Pourtant, aucune audition préliminaire devant un magistrat n’a encore eu lieu. En réponse, Mohamed Bazoum a saisi la Cour de justice de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest). En décembre 2023, cette instance a qualifié sa détention d’arbitraire et ordonné sa remise en liberté immédiate. Toutefois, le Niger, aux côtés du Mali et du Burkina Faso, a acté son retrait de l’organisation régionale en janvier 2025.

En juin 2024, la Cour d’État du Niger a validé la levée de l’immunité de l’ex-président, malgré des critiques sur le non-respect des standards internationaux en matière de procès équitable. Si la junte confirme son intention de le poursuivre, aucune date n’a encore été arrêtée pour l’ouverture des débats.

Un appel international à la libération

En février 2025, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a rejoint les voix internationales pour exiger la libération du couple, soulignant que leur situation contrevient au droit international. Les défenseurs de Mohamed Bazoum dénoncent un traitement cruel et illégal, affirmant que l’ancien président est aujourd’hui traité comme un « otage » du pouvoir militaire.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de restriction des libertés au Niger, où les voix dissidentes, les médias et l’opposition politique subissent une pression croissante. Selon les experts, chaque jour de détention supplémentaire éloigne le pays d’un retour vers un ordre constitutionnel et la tenue d’élections transparentes. Le message envoyé à la communauté internationale et à la région reste préoccupant quant à l’avenir démocratique du pays.