24 juin 2026

Afrique Horizon

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Matériel de déminage : un renfort technologique pour les forces armées béninoises

Face à l’évolution des tactiques terroristes dans les zones septentrionales, le partenariat militaire entre le Bénin et la France franchit une nouvelle étape décisive. Le 23 juin 2026, les forces armées béninoises ont reçu un lot d’équipements de pointe spécialement conçus pour contrer les engins explosifs improvisés (EEI). Cette dotation s’inscrit dans la modernisation de l’Opération Mirador, visant à sécuriser le nord du pays et à redynamiser l’économie locale.

Une réponse technologique à une menace asymétrique

Dans le nord du Bénin, les groupes armés terroristes ont adapté leurs méthodes. Sous la pression des patrouilles, ils abandonnent les affrontements directs pour recourir aux EEI, ces pièges dissimulés sur les pistes qui paralysent la mobilité des troupes et terrorisent les populations. Pour contrer ce danger, la France a livré ce mardi 23 juin un ensemble d’équipements au Centre de Perfectionnement aux Actions Post-Conflictuelles de Déminage et de Dépollution (CPADD) Colonel Jean Kouagou N’PINA.

Ce matériel comprend des détecteurs de métaux et d’anomalies à haute sensibilité, des canons disrupteurs permettant de neutraliser les circuits explosifs à distance, et des véhicules d’intervention blindés. L’innovation majeure réside dans les brouilleurs portatifs, capables de couper instantanément les signaux radio et téléphoniques sur un périmètre donné, empêchant ainsi le déclenchement à distance des bombes lors du passage des convois.

Retombées civiles : sécuriser les routes pour revitaliser le Nord

Au-delà de l’aspect militaire, cette livraison aura un impact direct sur la vie des habitants. Dans les zones frontalières, la crainte des EEI a entravé les déplacements, asphyxiant les marchés, bloquant les camions de coton et limitant l’accès aux soins et à l’éducation. « La prolifération des EEI exige une adaptation constante de nos moyens », a souligné le Lieutenant-Colonel Djimon SAHGUI, directeur du CPADD.

En renforçant les capacités du 1er Bataillon du Génie, ces équipements accélèrent le déminage et la sécurisation des axes routiers. Pour les habitants de Matéri, Karimama ou Tanguiéta, voir les équipes dotées de ces outils est un signal fort : l’État reprend le contrôle de l’espace public pour garantir la continuité des activités pastorales et commerciales.

Formation EOD : vers une autonomie accrue

La livraison de matériel de pointe s’accompagne d’une formation technique poussée. Le Lieutenant-Colonel Arnaud ARDILLIER, attaché de défense de l’ambassade de France près le Bénin, a insisté : « Ce don est un investissement concret dans la sécurité des militaires béninois. » Les équipements seront intégrés aux programmes de formation des spécialistes en neutralisation d’engins explosifs (EOD) dispensés au CPADD, centre de renommée régionale. L’objectif est de déployer des équipes de déminage capables d’opérer en première ligne aux côtés des unités combattantes, réduisant ainsi les pertes humaines dans les patrouilles.

Un partenariat bilatéral réaffirmé

La cérémonie, présidée par le Colonel Gilbert LOSSITODE au nom du chef d’état-major général, a mis en lumière la solidité des liens entre Cotonou et Paris. Alors que l’architecture sécuritaire ouest-africaine se reconfigure, le Bénin et la France affichent une convergence de vues. « Ce partenariat est solide et exemplaire », a déclaré le Lieutenant-Colonel SAHGUI. Le Colonel LOSSITODE a salué un « acte de solidarité et d’engagement concret », fruit d’une coordination approfondie entre les états-majors, venant appuyer l’Opération Mirador.

Un pas de plus vers la résilience

Cette nouvelle étape démontre que la réponse à la menace terroriste ne peut être uniquement quantitative, mais doit être technologique. En dotant le 1er Bataillon du Génie et le CPADD de moyens de pointe, les forces armées béninoises augmentent leur efficacité opérationnelle. Au-delà de l’avantage tactique, c’est la résilience des communautés du nord qui se trouve renforcée : la neutralisation des EEI est la condition essentielle pour restaurer la stabilité, relancer le développement économique et permettre aux populations civiles d’envisager l’avenir sereinement.