16 août 2026

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Manifestation à Ndélé : colère contre les mercenaires du groupe Wagner après une détention illégale

Manifestation à Ndélé : colère contre les mercenaires du groupe Wagner après une détention illégale

Deux mercenaires du groupe Wagner sur deux motos

La ville de Ndélé, située dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, est paralysée depuis deux jours par une grève générale. Cette mobilisation fait suite à l’arrestation illégale d’un transporteur par des mercenaires du groupe Wagner. Depuis son enlèvement, ses proches ignorent tout de son sort, alimentant les craintes et la colère de la population locale.

Les activités économiques se sont arrêtées : le marché est fermé, les boutiques sont désertes et les rues, autrefois animées, sont aujourd’hui désertes. Les habitants refusent de retourner à leur routine quotidienne tant qu’aucune explication ne leur sera fournie.

Un contrôle routier qui tourne au drame

Tout a commencé mardi soir, lorsqu’un camion en provenance de Bangui est arrivé à Ndélé. À l’entrée de la ville, des éléments du groupe Wagner ont intercepté le véhicule. Une fouille approfondie a été menée, suspectant le transport de marchandises illicites. Le Tramadol, parmi d’autres produits, a été saisi.

Les passagers ont vu leurs effets personnels confisqués : sacs, téléphones, porte-monnaie. Mais c’est surtout l’arrestation du transporteur, locataire du camion, qui a déclenché l’indignation. Son chauffeur a été libéré peu après, mais lui reste détenu sans aucune communication officielle.

Le Tramadol, symbole d’un double jeu inquiétant

La saisie de ce médicament analgésique a particulièrement choqué les habitants. Le Tramadol est couramment utilisé en Centrafrique, mais son usage détourné suscite des débats. Pourtant, les témoignages recueillis indiquent que les mercenaires du groupe Wagner seraient eux-mêmes impliqués dans un trafic à grande échelle de ce produit, l’achetant en République démocratique du Congo avant de le revendre dans le pays.

Cette contradiction alimente la défiance : comment justifier la confiscation de Tramadol transporté par des civils, alors que les mercenaires en feraient commerce ? Pour les habitants, cette situation illustre l’arbitraire des contrôles et l’impunité dont bénéficieraient les Wagner.

Une détention sans réponse, une ville en colère

Quatre jours après l’arrestation, aucune information n’a été communiquée sur le lieu de détention du transporteur ni sur son état de santé. Les rumeurs évoquent même sa mort, bien que rien ne puisse être confirmé. Cette absence totale de transparence a poussé les habitants à descendre dans la rue.

La grève, initialement limitée à la préfecture de Bamingui-Bangoran, s’étend désormais à l’ensemble de la ville. Les commerçants refusent d’ouvrir leurs étals, les conducteurs ne prennent plus la route, et la vie quotidienne s’est brutalement figée. Les habitants exigent la libération immédiate du détenu et le départ des mercenaires.

Les Wagner, arbitres incontrôlés des routes centrafricaines

Cette affaire met en lumière le rôle croissant des mercenaires du groupe Wagner dans le contrôle des axes routiers en Centrafrique. Leurs interventions, souvent brutales, incluent des fouilles arbitraires, des confiscations et des arrestations sans fondement juridique. Le cas de Ndélé n’est pas isolé.

Les habitants dénoncent une escalade de l’insécurité et de l’arbitraire, où les Wagner agissent en véritables seigneurs de guerre. Les contrôles à Ndélé se multiplient, transformant la ville en zone de tension permanente. Les populations locales, déjà fragilisées, se sentent abandonnées par les autorités.

Un secteur du transport paralysé

Le transporteur détenu n’était pas le propriétaire du camion, mais un locataire assurant des navettes entre Bangui et les villes de province. Cette pratique, courante en Centrafrique, permet aux propriétaires de véhicules de louer leurs engins à des conducteurs indépendants.

Son arrestation a non seulement privé sa famille de revenus, mais a aussi jeté une ombre sur tout un secteur déjà en difficulté. Les transporteurs locaux hésitent désormais à emprunter les routes contrôlées par les mercenaires, craignant des représailles ou des saisies abusives.

La situation à Ndélé illustre les tensions croissantes entre les populations locales et les groupes armés étrangers opérant en Centrafrique. La grève et le blocage des activités reflètent un rejet profond de l’ingérence de ces mercenaires.