26 avril 2026

Mali : remise en cause du partenariat militaire avec Moscou

Le partenariat militaire avec la Russie mis à mal au Mali

Les récents événements à Kati et Kidal ont révélé les failles d’une stratégie présentée comme une solution miracle. Alors que les forces du Africa Corps peinent à tenir leurs promesses, les déclarations de Kemi Seba ajoutent à la confusion. Entre discours enflammés et aveux privés, le doute s’installe sur l’efficacité réelle de cette alliance.

Ce samedi 25 avril 2026, le sol malien a tremblé sous les impacts d’obus, rappelant brutalement que la « libération par l’Est » n’était qu’une illusion. À Bamako comme dans les garnisons du Nord, le réveil est douloureux : le partenariat avec Moscou, censé apporter stabilité et sécurité, montre ses limites. Les attaques coordonnées se multiplient, les blindés brûlent, et les promesses de paix restent lettre morte.

Une sécurité « clé en main » qui ne tient pas ses engagements

Pendant des mois, les partisans de ce partenariat ont clamé que les « instructeurs » russes résoudraient les problèmes en un temps record. Pourtant, aujourd’hui, les faits sont têtus : les groupes armés gagnent en puissance, les camps sont harcelés, et la situation sécuritaire se dégrade. La stratégie du « tout-militaire » avec la Russie a surtout servi à creuser des divisions sans apporter de solution concrète.

Les populations et les soldats paient le prix fort de cette illusion. Les mines d’or, convoitées par Moscou, deviennent le symbole d’un échange inégal : quelques mercenaires et du matériel contre des ressources stratégiques. Résultat, le Mali se retrouve dans une impasse, avec une armée russe qui ne fait pas de miracles et des dirigeants qui cherchent déjà des boucs émissaires.

Kemi Seba face à ses contradictions

Kemi Seba, figure de proue du mouvement panafricaniste, incarne désormais les contradictions de ce partenariat. Ses discours enflammés sur les réseaux sociaux contrastent avec ses aveux en privé, révélés par des enregistrements diffusés sur WhatsApp. Dans ces échanges, il n’hésite pas à traiter les Russes d’« opportunistes de la pire espèce », reconnaissant ainsi l’échec d’une alliance qu’il a lui-même vendue comme une alternative au colonialisme occidental.

Son revirement est révélateur : après avoir présenté Moscou comme un sauveur, il admet désormais que la Russie agit comme un nouveau colonisateur. Une prise de conscience tardive pour celui qui a poussé des milliers de Maliens à croire en ce partenariat. Aujourd’hui, le doute s’installe : et si le vrai problème n’était pas l’Occident, mais ceux qui ont cru pouvoir remplacer un maître par un autre ?

Le business de la souveraineté tourne au fiasco

Le Mali se retrouve face à un constat accablant : une alliance militaire qui ne protège pas, des leaders qui se défilent, et une population livrée à elle-même. Le « business de la souveraineté » s’effondre, laissant place à une réalité brutale : la sécurité n’est pas une marchandise que l’on peut acheter ou troquer. Les attaques récentes prouvent que le logiciel est défectueux, et que le changement de drapeau n’a pas suffi à stabiliser le pays.

Alors que Bamako tente de sauver les meubles, une question reste en suspens : combien de temps faudra-t-il pour que les Maliens réalisent que la solution ne viendra ni de l’Est ni de l’Ouest, mais d’une refonte profonde de leur propre système de défense ? La facture de cette illusion pourrait être bien plus lourde que prévu.